C— AUTRES FORMES DE SOCIALISME
I. L’Ecole réformiste. — Elle respecte la propriété privée avec tous les droits qui y sont inhérents, maiselle vise à en prévenir les abus en Y apportant certaines restrictions : vg. limitation du taux de l'intérêt et des fermages, fixation d’un minimum des salaires, attribution, à titre gratuit, aux ouvriers dans les sociétés par actions d’une part du Capital social, imposition de certaines conditions pour la direction des
usines et l'exploitation des terres; mines, etc |
Ce n’est pas là du Socialisme proprement dit ; c’est du Socialisme d'État. nt
IT. Le Syndicalisme. — Voici ses caractères distinctifs :
19 C'est un socialisme exclusivement ouvrier. | 20 Le Syndicat est le fondement de tout le système, parce que le Syndicat, étant une association professionnelle qui n’admet que des travailleurs de même profession, exclut par là même les éléments bour- geois. La direction du mouvement social appartient à la Confédération générale de tous les Syndicats ou Bourses du travail (la C. G. T.). | 30 Il ne demande pas la réalisation de ses fins à la loi, à l’action par-
lementaire, à des concessions faites par les classes possédantes, mais à l’action directe, signifiant par là que les ouvriers doivent faire triompher leur programme par leurs propres moyens. Ces moyens sont la. propagande, la grève et même, d’après certains, le sabotage. « S'agit-il de réduction de la journée de travail, ou d'augmentation de salaire ? il ne faut pas demander, il faut prendre. Et, en cas de résistance, il faut user de larme qui est la grève, en user non pas, comme le syndica-
(7) CH. GiDE, Cours d'Economie politique, Part. I, L. III, Ch. x, S I. | (?) Certains auteurs parlent de socialisme chrétien ou catholique (vg. FR. S. NiTri, IL … Socialismo cattolico. — H. Jouy, Le socialisme chrétien) ; mais ce sont là deux mots qu’on ne Saurait juxtaposer, car le catholicisme et le socialisme ont des doctrines irréductibles, Cf. CH. ANTOINE, Cours d'Economie sociale, Ch°1x, Art. VIL,°p: 251-252% CI < Art III: P. 275-276, Paris, 19084 — Sarnr-Simon avait adopté comme formule de répartition : « À chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses besoins. » Cf. WEILL, L'Ecole Saint-Simonienne. — V. PArETo, Les systèmes socialistes contemporains. — ‘G. LE BON, Psychologie du socialisme. — GIBON, La participation des ouvriers aux bénéfices et Les diffi- Cultés présentes. Des divers modes de rémunération du travail. — ANT. -MENGER, L'Etat
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(72) LE SOCIALISME : COOPÉRATISME
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lisme réformiste, avec prudence et seulement quand on croit être sûr Dur du succès, mais s’en servir sans considération des résultats immédiats,
comme un mode d’entrainement de la classe ouvrière e
t d'usure de la
classe capitaliste. Et, lorsque l'heure de la Révolution sera venue, c'est par la grève générale qu’elle se fera. Cette méthode de l’action directe et cette haine de l’État rapprochent le Syndicalisme de l'Anar-
chisme. Elles le distinguent, au contraire, du Collectivisme, car, quoique
celui-ci vise aussi à l'élimination de l'État, cependant
tique d’abord de le conquérir en participant à la vie politique et parle-
mentaire, et en s’efforçant d’y devenir la majorité (1). » Critique : « Ce programme se fonde sur ce postulat
il a pour tac:
, que la classe
ouvrière est tout, parce que c’est elle qui, par son travail, produit
toute la richesse. Or ce fondement n’est solide que si la théorie de la
valeur-travail est reconnue exacte ; mais, si l’on croit, au contraire — ne
et telle est l'opinion aujourd’hui de la plupart des économistes — qu’elle #
est inexacte ou, en tout Cas, incomplète et ne contenant qu'une part de vérité, alors le Syndicalisme se fait illusion sur sa toute-puissance, : et ne peut résoudre à lui seul la question sociale (?). » | no.
Il est superflu d’insister sur la nature immoral
employés par le Syndicalisme révolutionnaire : action directe, lutte
des classes, grève au sens expliqué ci-dessus, voire mêm
e des moyens :
e sabotage. #4
III. — Le Coopératisme. — Tandis que le Collectivisme et le Syndicalisme sont dominés par le souci de la production, c'est du côté des consommateurs que se tourne la Coopératisme. Les sociétés coopé- A
ratives veulent supprimer les intermédiaires inutiles,
qui absorbent
une part des profits, en faisant directement leurs achats aux produc-
teurs, ou même en fabriquant elles-mêmes tout ce qui est nécessaire :
à leurs associés. Elles ne font pas la guerre au capital. «Beaucoup de sociétés s’interdisent par leurs statuts
profit ou le versent au fonds de réserve ; et celles mêmes qui en font le restituent à leurs membres au prorata de leurs achats (ou de leur travail, s’il s’agit d’une coopérative de production), mais jamais au. prorata de leurs actions, c’est-à-dire du capital apporté par eux. Le
ralement payé, il est vrai, mais seulement par un intérêt modique, jamais par un dividende ; eb même certaines sociétés n’allouent aucun … ‘intérêt au capital » (3). Le Coopératisme ne cherche done pas à supprimer ©
service du capital-actions, comme celui du capital emprunté, est géné-