LE SOCIALISME : COOPÉRATISME RME
tion et, en même > temps, à lui retirer la part qu’il prélève, précisément à titre de pouvoir dirigeant, sous forme de profit » (1).
La Fédération nationale des Coopératives de consommation ést née, en 1913, de la fusion des Coopératives socialistes et de la Ligue des
Coopératisme. « Si l’on suppose la société coopérative étendue jusqu’à absorber toute la nation, alors l'abolition du profit entraïnerait
une modification radicale dans la distribution des richesses, car le profit est, sous le régime actuel, le seul moyen de s’enrichir et, s’il disparaissait, c’est avec lui la source des grosses fortunes qui tarirait Fa) Pour en arriver là il faut admettre que les Coopératives locales . fédérées en Unions parviennent à englober tout le commerce et, en
les achats, mais à se faire productrices, à monter des usines, à conduire des nes etc. Alors, dans le domaine du commerce, de l'indusite et de la production, le capital serait réduit à la portion congrue d’un faible intérêt fixe, et la propriété individuelle, chassée de ses divers domaines
par les envahissements de la propriété collective, finirait par ne plus
trouver de refuge.
Critique. — 1° Cette conception ne mérite pas le reproche, adressé au Syndicalisme, d'employer des moyens révolutionnaires : action
directe, grève, lutte des classes. Elle laisse une certaine place au capital. Elle confine cependant au Socialisme en tant qu’elle a pour but de constituer une vaste fédération de propriétés collectives. 29 Maintenues dans certaines limites, les Coopératives de consommation ont rendu et rendent encore des services. Mais la prétention d’absorber un jour tout le commerce est une chimère, car, dans le Coopératisme, l'intérêt personnel, qui est le grand moteur de l’activité, a un rôle trop restreint pour être un stimulant efficace. Si ce sys-
maintenir, faute de ce stimulant indispensable.
: 30 Les Coopératives « se trouveraient en face des questions qui divisent aujourd’hui le capital et le travail. Quand il s’agira de passer, d’une façon générale, de la consommation à la production, elles se heurteront de plus en plus sans doute aux difficultés du problème de l’orga- nisation du travail, telles qu’elles se présentent actuellement, (diffi- cultés qui resteraient entières alors que le propriétaire d’une usine ou d’une ferme serait remplacé par une société de consommateurs (3). »
(2-2?) CH. GIpE, Cours d'Economie politique, Loco citato, $ V, T. II, p. 192.
…. (‘) CH. ANTOINE, Cours d'économie sociale, Ch. x1v, Art. 6, p. 481, de lar 6e édition, — Cf. HACHIN, Production et consommation : Syndicalisme et Coopéralion, dans Le Mouvement social, 1913, T. II, p. 97-101. — P, LEROY-BEAULIEU, Trailé d'Économie politique,
LT II, Part. IV, Ch. xvirr, Paris, 1905 4.
: Coopératives, présidée par M. Charles G1pE, le grand promoteur du
outre, ce qui est plus difficile, arrivent non seulement à concentrer tous
ñ tème arrivait, par impossible, à s'établir, il ne parviendrait pas à se
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