SUPÉRIORITÉ DES FORMES A L'ÉTAT MIXTE
dent avec saint Thomas pour dire que la forme mixte est en soi la meil leure forme de gouvernement. a
Parmi les diverses combinaisons nelle le mélange des éléments | démocratique, aristocratique et monarchique peut donner ‘naissance, examinons celle qui a obtenu les préférences du Docteur angélique. 4
II. — Forme mixte préférée par saint Thomas : il commence par formuler les deux principes qui vont diriger son choix :. « Pour la à bonne ordonnance de ceux qui commandent dans une cité ou dans . une nation, il faut considérer deux choses. La première est que tous 5 aient quelque part au principat ou commandement. De la sorte se. conserve la paix du peuple, et tous aiment l’ordre ainsi établi et s’ en, font les gardiens, comme dit Aristote (Politique, LR ol La seconde, est de considérer la forme du régime ou ordonnance des : pouvoirs (): 2
Ces mon directeurs étant posés, saint Thomas en déduit la | combinaison suivante : « Par suite, la meilleure ordonnance de ceux. qui commandent dans une cité ou dans un royaume est celle où un … seul préposé selon la vertu (?) peut présider à tout, et où, sous lui, « quelques-uns sont établis chefs selon la vertu. Cependant ce principat | appartient à tous, soit parce que ceux qui l’exercent peuvent être élus | du milieu de tous, soit parce qu’ils sont élus par tous. Telle se présente « toute constitution politique harmonieusement composée de royauté, en tant qu'un seul est à la tête ; d’aristocratie, en tant que beaucoup commandent selon la vertu, et de démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple, en tant que ceux qui commandent sont éligibles du milieu « . du peuple et qu’au peuple appartient l'élection de ceux qui commandent. w
Cest là ce qui fut institué par la loi divine, car Moïse, etc... (%). »
aux maximes de la doctrine chrétienne. » (LÉON XI1H; Letire au Cradè de France, 16 février \
se donner le gouvernement, qu’elles estiment le plus avantageux pour leurs intérêts. » 08 (Pre X, Lettre sur Le Sillon, $ D'abordson catholicisme. — Cf. G. Sorrais, Les Catholiques..…., LT SIT D 4812). ‘à
(2) Circa bonam ordinationem principum in aliqua civitate vel gente, duo sunt attendenda : quorum unum. ést ut omnes aliquam partem habeant in principatu ; per hoc enim conservatur pax populi et omnes talem ordinationem amant et custodiunt, ut dicitur 4 (Politic, L. II. C. vi). Aliud est quod attenditur secundum speciem regiminis vel Piome tionis principatuum... (S. THOMAS, Summa theologica, I II2e, Q. CV, Art. I).
(2) Voir plus bas le sens de cette expression : $ Ii faut. D.V296:
(5) Unde optima ordinatio principum est in aliqua civitate vel regno, in quo unus præficitur secundum virtutem, qui omnibus præsit, et sub ipso sunt aliqui principantes « secundum virtutem ; et tamen talis principatus ad omnes pertinet, tum quia ex omnibus M eligi possunt, tum quia ab @mnibus eliguntur. Talis vero est omnis politia bene commixta M ex regno, in quantum unum præest, ex aristocratia, in quantum multi principantur secun-
dum virtutem, et ex democratia, id est potestate populi, in quantum ex popularibus "à
possunt eligi principes, et ad populum pertinet electio principum. Et hoc fuit institutum
Le secundum legem divinam, nam Moyses.. (S. THOMAS, Summa theologica, Ibidem).