‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 265 sur 761 · D. — L'AVENEMENT DE LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

D. — L'AVENEMENT DE LA DÉMOCRATIE

« Le régime démocratique suppose dans le peuple un niveau supérieur

Pintelligence et de morahté, parce que : | » 19 La liberté laissée aux citoyens étant plus grande et la contrainte égale moins étendue, il faut que l'honnêteté de chacun fasse contrepoids jour prévenir les excès de l’indépendance et suppléer à ce qui manque : côté de la coaction gouvernementale.

90 La confection des lois étant à la merci du nombre, il faut que

aque citoyen ait assez d'intelligence pour discerner le bien général,

t assez de générosité pour le préférer à ses intérêts immédiats et partiliers. Aussi Montesquieu, notait-il.que « dans un État populaire,

faut un ressort de plus qui est la vertu » (

… Or il n’est pas aisé pour un peuple d'atteindre ce degré nécessaire de

y engage prématurément, ce régime, au lieu de porter des fruits excel- Ménts, est plus fécond qu'un autre en abus et en mécomptes. . On ne peut nier le risque et les dangers qui s’attachent à la réaliation de l'idéal démocratique. Cependant « si l’on veut bien jeter un oup d'œil général sur l’histoire des temps chrétiens, on reconnaïtra,

n’en pas douter, que la marche progressive de la civilisation est touours dans le sens de la démocratie ; elle tend à rendre le peuple de plus en plus maître de lui-même, maître de son gouvernement. Nous voyons es classes maintenues dans l'esclavage, puis dans la condition de serf * dans celle de vilain, successivement élevées à la liberté civile et polique. Le mouvement pour la paix de Dieu et le mouvement communal au moyen âge nous montrent les peuples arrivant à l'exercice du pouvoir let constituant des cités démocratiques, dont plusieurs sont des modèles. Ensuite est venu le mouvement qui tend à transporter les formes démoatiques du gouvernement municipal au gouvernement de PET évolution, d’ailleurs, est liée à un ensemble de conditions d'ordre …

… {:) MonresQuieu. De l'Esprit des lois, as beaucoup de probité pour qu’un gouvernement monarchique où un gouvernement potique se maintiennent ou se soutiennent. La force des lois dans l’un, le bras du prince Ours levé dans l’autre, règlent ou contiennent tout. Mais, dans un État populaire, il un ressort de plus, qui est la vertu. » Montesquieu s’est expliqué lui-même dans l'Aversement : « Ce que j'appelle la vertu dans la république est l’amour de la patrie, c’estre l'amour de l'égalité. Ce n’est point une vertu morale ni une vertu chrétienne, c’est ertu politique ; et celle-ci est le ressort qui fait mouvoir le gouvernement républicain,

mé l'honneur est le ressort qui fait mouvoir la monarchie. »

oralité intelligente et dévouée à la chose publique. C'est pourquoi, and un peuple n’est pas suffisamment mûr pour pratiquer un régime, n requiert une moyenne $i élevée de vertu dans la masse, quand il

Page 1