‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 274 sur 761 · MEN ET · texte numérisé non relu

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riche de distribuer son superflu au pauvre, ne donne pas à celui-ci le | droit de s'approprier ce superflu, sauf en cas d'extrême nécessité (68, | $ E). Le droit de l’indigent au superflu du riche est un droit imparfait ” et indéterminé. Le superflu appartient aux pauvres en général et non à tel | ou tel en particulier. Or comme le superflu de chaque riche ne peut « subvenir aux besoins de tous, c’est au possesseur de déterminer ceux ! - qu'il doit secourir.

Mais, quand la charité privée ne remplit pas sa tâche ou n° y suffit pas, l'État a le devoir d’en combler les lacunes, en ouvrant des hôpitaux. : des asiles, des dépôts de mendicité, en distribuant des secours, surtout : dans les calamités extraordinaires. Dans ce but il peut établir des | impôts. I remplit alors légitimement son rôle d’Assistance publique (1). qu’il faut distinguer de l’ Assistance légale.

L’Assistance publique est celle qui est distribuée par l’État, les dépar- : tements ou les communes, sans que lindigent puisse l’exiger comme un droit. Elle est légitime dans la mesure où elle est nécessaire pour suppléer à l'impuissance de l'assistance privée ; mais c’est un pis-aller, parce que la charité administrative est purement matérielle et gaspille une partie des ressources. L’Assistance légale est perçue comme un impôt par les pouvoirs publics, de sorte que l’indigent a un droit strict aux secours de l'État. Elle comprend la taxe des pauvres, le domicile d’assistance et, comme conséquence, elle entraîne linterdiction de la mendi-. cité. Elle se pratique ainsi vg. en Angleterre. C’est le monopole de la charité dévolu à l’État; il faut repousser ce système parce que :

a) L'État sort de son rôle qui n’est que supplétif (93, $ I, B).

b) L'effet naturel de la charité légale c’est de refroïdir ou d’é éteindre la charité privée et d’enlever toute spontanéité aux sacrifices qu’elle | impose. ‘ c) Le pauvre ainsi secouru reçoit l’aumône comme chose due : on perd sur lui toute influence morale.

d) Le paupérisme est: augmenté par là charité légale, parce que, étant un droit, elle devient un encouragement à la paresse et aux mauvaises habitudes. |

e) La froideur officielle de la charité légale la rend Re de guérir ou de panser les plaies morales (2).

(7) HAUSSONVILLE (D'’), Assistance publique et assistance privée, REVUE DES DEUX" MonpEs, 1900, T VI, pp. 773 et sq. 4 (?) HAUSSONVILLE (D'), Misères etremèdes. Socialisme et Charité. La Misère à Paris. — F.-L.-M. Navizze, La Charité légale. — A. BARON, Le Paupérisme, ses causes et ses remèdes — P. CAuwÈës, Cours d'économie politique, P. II, L. V, Sect. V, Ch. I, T.IIL n. 109% Sqq., 1893%.— Ch. ANTOINE, Cours d'économie sociale, Ch. XX.— Cx. PÉRIN, La Richesse

dans les sociétés chrPHeMnee, L. VI, VII. — P. STRAUSS, Assistance sociale. #

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