‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 321 sur 761 · I. — Prière : c’est l'élévation de l’âme vers Dieu pour · texte numérisé non relu

I. — Prière : c’est l'élévation de l’âme vers Dieu pour

19 L’adorer : l'adoration est un sentiment de profond respect et di à soumission absolue qui n’est dû qu’à Dieu, à cause de l'excellence infinié de sa nature et de son domaine souverain sur nous. M

20 Le remercier des bienfaits reçus.

39 Lui demander pardon des fautes commises.

40 Implorer son secours pour nos besoins physiques et moraux.

Objections : la prière en tant.que demande est, dit-on :

a) Superflue, parce que Dieu sait tout ce dont nous avons besoind « J'adore Dieu, disait Rousseau, mais je ne lui demande rien, ce serait douter de sa Providence et de sa bonté. » — Réponse : nous devons prier, non pas pour faire connaître à Dieu nos besoins, mais pour mani fester notre dépendance vis-à-vis de lui.

b) I nefficace : Dieu est immuable, la prière ne pourra donc modifie les décrets éternels de Dieu. — Réponse : : les prières de Phomme, prévuess de toute éternité, rentrent dans le plan divin : « Nous ne prions pas, dit saint Thomas, pour changer le plan divin, mais pour obtenir ce . l'accomplissement a été, dans ce plan, SU bOraue à la prière (1). » Le savant Euler dit aussi : « Quand donc un fidèle adresse à Dieu une | prière digne d’être exaucée, il ne faut pas s’imaginer que cette prière

cette prière depuis toute éternité et si ce père miséricordieux l’a jugée digne d’être exaucée, il a arrangé exprès le monde en faveur de cette prière, en sorte Te laccomplissement fât une suite du cours naturel dess événements (?). ) #

c) une celui qui prie devient inerte et se croise les bras en: attendant le succès de sa demande. — Réponse : c’est un faux supposé. La prière bien faite implique la coopération de l’homme: Aiïde- toi À le ciel t'aidera. Autrement elle serait présomptueuse.

(1) S. THomas, Summa theologica, 2%, 2%, Q. LXX XIII, Art. 2 : Non enim proptér hoc oramus ut divinam dispositionem immutemus, sed ut id impetremus quod Deus disposuit per orationes esse implendum. Sur la prière, voir toute cette question LXX XII

(?) EuULER, Lettres à une princesse d'Allemagne, Lettre XC, 3 janvier 1761. — Sur.I4 prière voir une note remarquable dans TAPARELLI, Essai théorique de droit naturel, 100 ; SovEL p. 206 du T. IV., — Cf. J.-M.-L. MONSABRÉ, La Prière. Philosophie et Théologia

e la Prière. | ET

II. — Amour : Dieu n’est pas seulement la puissance infinie, il est encore la souveraine bonté et la beauté suprême ; nous devons donc aimer par-dessus toute chose. Il n’est pas seulement le Maître absolu,

… il est encore le Père infiniment bon. Le Parer Nosrer est la plus belle des prières. à FSC

* B) Culte extérieur : c'est la manifestation du culte intérieur par

“ des signes sensibles : paroles, gestes, attitudes. Il est nécessaire. En

1° L'homme tout entier, le corps aussi, par conséquent, est dépendant de Dieu; :1 doit donc lui rendre hommage par ses facultés phy- 11e

LC Te

sy … siques. | | 0 90 Il résulte de la nature même de l’homme qui est un composé | d'âme et de corps : à cause de cette intime union, tout sentiment un peu vif se manifeste au dehors. u.

+. 3oIl entretient le culte intérieur. Le sentiment religieux finirait par s’affaiblir, comme tout autre sentiment, s’il n’était jamais exprimé. | Jusqu'ici nous avons parlé du culte privé, sous sa double forme

intérieure et extérieure.

…. C) Culte public : c’est celui qui est rendu à Dieu au nom de la » société. Il est nécessaire. En effet : de … 40 L'homme naturellement sociable est dépendant de Dieu aussi bien comme membre d’une société que comme individu. Dieu est l’auteur de l’ordre social et le dirige par sa Providence. | Aer 20 Les sociétés ont besoin, comme les particuliers, du secours divin. 30 Les actes du culte public entretiennent les sentiments de fra-. ternité et d'égalité. Les gouvernants ont donc le devoir de concourir au culte social. Une nation, qui n’a pas de culte public, se rend coupable.

. d’apostasie sociale ae

(2) Cf. G. Sonrais, Les Catholiques en face de la Démocratie et du Droit commun, L. 1 (Ch. 11, $ II, p. 144 5qq. RE

+" et les Principes de 1789 ou l'Église, l'État et La Liberté, 2°, Edit. en 1909.

SECTION II

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