LA THÈSE ET L'HYPOTHÈSE
— et elle ne l’est presque jamais, — il faut s’en inspirer dans la miser en œuvre de l’Aypothèse et faire passer dans la pratique tout ce que les circonstances permettent d’en appliquer, sans aller au delà, sans rester en deçà (*) ». L'erreur libérale ne consiste pas à aimer la liberté, mais à la dénaturer en faisant d’elle, non plus un moyen, mais une fin en soi, un bien absolu. La liberté extérieure, en matière de manifestations religieuses, n’est pas plus un principe inviolable qu’en matière de mani festations morales, politiques ou sociales. Le père de famille a le droit de réprimer les vices naissants de son enfant, l’État de punir une propa” gande subversive de l’ordre social. Pourquoi n’aurait-il pas le droit de relouler des erreurs dangereuses pour la religion ? Aux libéraux qui interdisent à l’État de sanctionner par sa puissance coercitive aucune, doctrine religieuse, les socialistes répondent logiquement en lui défen-k dant de sanctionner la propriété, la stabilité du lien conjugal, l'idéeu de patrie. L'État doit donc aller aussi loin que possible dans le patronage du bien : rester en deçà, ce serait déserter son devoir, car l'intérêt sociah lui-même exige qu’il soutienne ce qui subsiste de vérités communes à las nation. Cependant « l’opinion doit être consultée, non comme une mai-\ tresse qui décide ce qui est permis, mais comme un témoin qui indique ce qui peut être supporté (?) » : aller au delà serait une violence inutiles et même funeste, car elle déchainerait la haine contre l’Éelise. C’est par la persuasion et l'exemple qu’il faut ramener l’unité dans les esprits. Alors lintervention de l'État sera bienfaisante, parce qu’elle sera: acceptée de tous. Pour préparer cette restauration du règne social den Jésus-Christ, 1l faut d'abord, comme transition, travailler à l'entente. sur le terrain du Décalogue, selon le vœu de Le Play (3). 1 Remarque : les quatre Articles. Les gouvernements unis à l'Église ont souvent cherché à restreindre l'alliance à leur profit : ve. Louis XIVN par les quatre Articles de 1682. « On y parle beaucoup des libertés de. l'Église gallicane : en réalité ce qu'on affranchit par le premier des quatre articles, c’est seulement le pouvoir royal ; ce qu’on asservit dans” toute la suite de ce document, c’est l’Église de France, puisqu'on subordonne au plaisir du monarque temporel les communications de cette“ Église particulière avec le centre de Punité, puisqu'on limite jusqu'auv pouvoir doctrinal du Saint-Siège, jusqu’à l’exercice du droit d'appel au pape qui appartient à tout catholique. Liberté à l'égard de Rome Jusqu'à la révolte inclusivement, soumission à l'égard du roi jusqu’à la servitude,” tel est le fond de cette tradition détestable que notre siècle a vu revivre
(?) M. D’HuLsr, Conférences de, Notre-Dame, 1895, Note 2LMID O8 84e “4 (* M. »'HuLrsr, Conférences de Notre-Dame, 1895, Ve Conf. p. 139. ‘4 (*) G. Sorrais, Les Catholiques en face de la Démocratie.., L. II, Ch. 111, $ I, p. 124-135
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