LE BEAU, LE SUBLIME
Le 2
ni
Le
phiiérence de plus ou de moins ; fe autres une différence de nature. I. — Différence de nature : Burke (1), KanwT (2). Jusqu’à eux, on admettait que le sublime n est autre chose que le superlatif du beau. “On trouve sans doute dans le sublime certaines ressemblances avec le beau; il cause un plaisir désintéressé ; il s’impose universellement
à l'admiration. Mais voici, disent-ils, des ibérences essentielles :
mesure déterminée. Le propre du sublime, c’est d’être limité, infini. de l’admiration. Le plaisir du sublime est mêlé de quelque ‘souffrance :
par Papparence du désordre : il y a du saisissement et de la stupeur ; Padmiration est mêlée de tristesse. | … 39 Le beau implique un certain accord de l’imagination et de l’entendement ; il paraît en proportion avec nos facultés, car il ÿ a en lui équation entre la puissance et l’ordre. Le sublime semble faire violence à notre | imagination et à notre raison; il parait discordant avec elles, parce
ë uissan ce qui prédomine.
II. — Différence de degré : LÉvVÊQUE (3). Le sublime a pour éléments :
à 19 La puissance, mais une puissance qui surpasse toute mesure des
sens ou de l'imagination et qui fait paraître petite toute force de même
espèce : : ve. le ciel, l'océan, une chaine de montagnes. Cette puissance,
a para. illimitée aux sens, n’est limitée que par une affirmation de a
la raison.
20 urde : = la res. qui se déploie dans le sublime, agit selon un ordre qui échappe aux sens, soit à cause de sa grandeur indéterminée
(vg. longue chaîne de montagnes), soit à cause du désordre apparent (g. Océan agité par la tempête), soit pour ces deux motifs (vg. immensité
du ciel étoilé) ; cependant la raison affirme que l’ordre, un ordre réel, mais caché, existe. Le sublime est une image de Dieu, dont l’infinitude déborde toutes les déterminations et se dérobe à nos facultés.
Le Ter mac >
ee [ (2) Ep. BURKE, Recherche philosophique sur l'origine des idées du sublime et du beau, E()-KanNT, Critique du jugement, $ X XIII Sqq. — SCHILLER, Du Sublime. & (3) CH. LÉVÊQUE, La Science du Beau, Ir° P., Ch. vit.
lie montagne. Le D c’est donc le beau moins l’ampleur, moins la
Les uns prétendent qu’il y a entre le beau et le sublime une simple
” 1° Le beau implique toujours que l’objet a une certaine forme, une 20 Le plaisir du beau est toujours tout entier charmant ; c° "est celui
âme en l’éprouvant se sent comme accablée par l'infini et troublée
que l’équilibre est rompu entre la puissance et l’ordre, au profit de la
des enfants entre eux, on pourra dire que tel enfant est plus beau que
: AE CAE On peut conclure avec Lévêque que le sublime est dentique au beau en tant qu'il possède ses deux éléments essentiels, la puissance et Pordre, mais qu'il en diffère, parce qu’il exigè une puissance et un ordre plus parfaits, au superlatif. En soi, il n’est que le beau très grand ; il nest
sublime que par rapport à nos facultés qu’il dépasse.
Remarques : 1. — Les notions du joli et du beau, du beau et dur Sublime sont relatives, varient d’après le terme de comparaison. Aïnsi,# l'enfant est le type du joli par rapport à l’homme, mais si.on compare”
tel autre, parce que la comparaison est relative au genre enfant. Dé
même, tel genre d'êtres est dit laid par rapport à tel autre genre : vg. l’âne: par rapport au cheval ; mais si la comparaison est établie entre les ânes, on dira que tel âne est beau. 1
Il. — Kant distingue le sublime : a) mathématique, expression de la grandeur infinie; b) dynamique, expression de la puissance infinie.