C. — ARGUMENTS DES SCEPTIQUES
I. — Faiblesse de l’esprit humain : toutes les choses sont liées les! unes aux autres et soumises au déterminisme. Pour en connaître une il faudrait les connaître toutes, ce qui est impossible. Donc nous ne pouvons rien connaitre. Ainsi raisonnent certains Sceptiques. É
Réponse : a) Cet argument est contradictoire, car un phone n’a pas le droit de postuler le déterminisme universel, c’est-à-dire l'en chainement et la liaison de toutes choses.
b) Dans l’ordre spéculatif, il n’est pas exact que tout soit néces® sairement lié à tout. Les vérités les plus générales sont fdépendaa tel de celles qui le sont moins : vg. on peut apprendre les Mathématiques | sans savoir la Physique.* |
c) Dans l’ordre réel, il en est autrement : les êtres et les faits dépen\ dent les uns des autres. Cependant on n’a pas le droit d’en conclure avec les Sceptiques que nous ne, POUVONS absolument rien -CoNnaitEs
(7) Cf. V. BROCHARD, Les Sceptiques grecs, L. I, III, IV. Paris, 1887.
Ce
LA el
® a -SCEPTICISME ABSOLU OÙ PYRRHONISME | 423
| on adéquate. De ce que nous ne savons le tout de rien, il ne s’ensuit donc pas que nous ne savons rien du tout.
II. — Erreurs de l’esprit : l'esprit humain se trompe quelquefois : : qui nous prouve qu il ne se trompe pas toujours : L
= Réponse : si on sait qu’il s’est trompé, c’est qu’on a vu que quelqueois aussi 1l ne s’est pas trompé. — Ici encore la conclusion dépasse les prémisses : de ce que nous nous trompons sourent, il ne suit pas que
+ nous nous'trompons toujours.
M III. — Contradictions de l’esprit : de siècle à siècle, de peuple
| à peuple, d'école à école, d’individu à diva, on constate des contradictions, dans l’ordre des connaissances spéculatives, comme dans l’ordre L des connaissances morales (Le Scephicisme moral. Cf. MORALE, 12).
- Réponse : la contradiction n’est ni absolue, ni universelle. L'esprit - “humain a toujours admis certains principes généraux et nécessaires
qu'aucun homme en son bon sens n’a jamais niés : vg. Ce qui est, est ;
Pal faut faire le bien, etc. La diversité provient non de la raison elle- même,
| dont elle subit l'influence. (Loaique, Causes de l'erreur, 124).
2 Er IV. — Diallèle (5° &)fov, l’un par l’autre) : il est impossible - à la raison de démontrer sa véracité sans cercle vicieux, car toute D onstration doit se faire à l’aide de preuves. Or qui montrera Ja bvaleur de ces preuves, si ce n’est la raison elle-même ?
=. Réponse : cet argument est exact. Aussi le Dogmatisme prétend
robe, mais en même temps inattaquablé, car on ne peut la révoquer ‘en doute sans la supposer. Toute discussion, en effet, est un exercice de la raison dont on suppose préalablement la véracité.