__ SCEPTICISME ABSOLU OU PYRRHONISME
IT. — Réfutation véritable du Scepticisme : SR Pa
a) Si le sceptique ne mérite pas le reproche de contradiction logique formelle, il n'échappe pas à celui de contradiction pratique, car sa” conduite est en désaccord permanent avec son doute théorique universel.M L’évidence des démonstrations mathématiques, de sa propré existence, « de la réalité du monde extérieur, de sa responsabilité morale s'impose « au sceptique comme au reste des hommes. Accepter pour la vie pratique ces affirmations spontanées et les-révoquer en doute pour la vie intel- # lectuelle, c’est vivre dans une contradiction perpétuelle, c’est mener une vie contre nature, car ces affirmations spontanées sont le fruit. naturel de l’intelligence. - 3 e.
b) Tout homme, y compris le sceptique, par la conscience qu’il a.
de lui-même, de ses actes et de ses états psychologiques, saisit son moi | comme être réel et existant. L’être réel se montre donc à nous dans à une expérience qui rend le doute impossible, car cette expérience. est à la fois concrète, immédiate, intellectuelle (Psycu. 68). NA Saint Augustin opposait aussi au doute des Sceptiques cet argument invincible de l'expérience intellectuelle (1). Descartes, de son côté, montre que l'efficacité du Cogito, ergo sum contre « les plus extravagantes suppositions des Sceptiques » vient du caractère immédiat et. spontané de cette vérité : « Quand nous apercevons que nous sommes. des choses qui pensent, c’est une première notion qui n’est tirée d'aucun syllogisme ; et lorsque quelqu’un dit : Je pense, donc je suis ou j'existe, À il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force des quelque syllogisme, maïs comme une chose connue de soi: il la voi + par une simple inspection de l'esprit : comme il paraît de ce que s’il la déduisoit d’un syllogisme, il auroit dû auparavant connoître cette majeure : Tout ce qui pense est ou existe : mais au contraire elle lui est enseignée de ce qu’il sent en lui-même qu’il ne se peut faire qu’il pense s’il n'existe (2). » | TP c) Le vice radical du Scepticisme est de supposer que tout ce qui ne peut se démontrer est incertain. C’est dire que toute certitude pro vient d’une démonstration, mais à tort, car toute démonstration a pour. base des principes indémontrables, évidents par eux-mêmes, des prin*
(*) Vivere se tamen, et meminisse, et intelligere, et velle, et cogitare, etscire, et judicare. quis dubitet ? Quandoquidem etiam si dubitat, vivit ; si dubitat unde dubitat, meminit : Si dubitat, dubitare se intelligit ; si dubitat, certus esse vult ; si dubitat, cogitat ; si dubitat, scit se nescire ; si dubitat, judicat non se temere consentire oportere. Quisquis igitur aliunde dubitat, de his omnibus dubitare non debet : quæ si non essent, de nulla re dubitare non posset. (S. AUGUSTIN, De Trinitate, L. X, C. x, $ 14. Patrologia Latina, T. XLII, col. 981}
(?) DESCARTES, Réponses aux secondes objections. Traduct. de CLERSELIER, Œuvres
de Descartes, Édit. Cousin, T. I, p. 427. —. Pour le texte latin de Descartes, voir Œuvres Édit. Anam, T. VII, p. 140, ligne 18. Ë ES