FA $ B. — ARGUMENTS ET RÉPONSES
I. — Pour légitimer la proscription de la Métaphysique, Comte en “appelle d'abord à l’histoire de l’évolution scientifiqué, qu'il résume “dans la Loi des trois états, dont l’idée est empruntée à Turgot. D’après cette loi, l'esprit humain suit, dans son développement, une marche progressive, dont voici les trois étapes :
a) État théologique (fétichisme, polythéisme, monothéisme) :
l'esprit humain explique les faits en les attribuant à des puissances
surnaturelles.
me. b) État métaphysique : l'esprit substitue, aux agents surna- “turels, des forces naturelles, occultes, sortes d’entités cachées sous
les phénomènes.
6c) État positif : l'esprit renonce à la recherche des substances
“des causes et des fins, pour se borner à l'observation des faits et à la découverte de leurs lois expérimentalement démontrées ci.
…. D’après Comte, les connaissances se répartissent en six sciences fondamentales (LoGiQuE, 44, $ IT). Or chacune des branches du savoir “humain doit passer successivement par les trois états, et elle ne mérite “Vraiment le nom de science que lorsqu'elle est parvenue au stade de: l'état positif.
Critique : « Pour ce qui est de la fameuse loi des trois états, qui
. domine tout le système, elle n’est plus présentement défendable (2). ».
On peut accorder à Comte qu’à telle ou telle époque certaines tendances, théologiques, métaphysiques ou positives, sont plus ou moins prédo-
minantes. On peut même dire qu’à prendre les choses en gros la loi se . vérifie : dans l'antiquité on est porté à expliquer les phénomènes par
- des agents surnaturels ; au moyen âge, par des entités métaphysiques ; “dans les temps modernes, par la constatation de leurs lois. Mais ce n’est
là une évolution ni exclusive ni fatale. Est-ce que, par exemple, Aristote n’a pas su allier l'esprit métaphysique et l'esprit d'observation, - dans un temps qui devait être, d’après la loi de Comte, asservi à l'esprit
. théologique ? Est-ce qu’au moyen âge Roger Bacon n’a pas fait preuve d'esprit scientifique ? Est-ce que les plus grands savants des trois der-
-miers siècles, Képler, Galilée, Descartes, Leibniz, Pascal, Newton,
| (1) A. Cowve, Cours de Philosophie positive, 1° Leçon. (°) Ém. DurcxueiM, Revue bleue (19 mai 1900 p.612).
énchainements de phénomènes ; tout ce qui est au delà n'est que concep-
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