‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 424 sur 761 · RELATIVISME-: $-V.-— LE POSITIVISMB · texte numérisé non relu

RELATIVISME-: $-V.-— LE POSITIVISMB

Ampère, Cauchy, Pasteur, ete, n’ont pas été tout ensemble savants. et croyants ? (7). Ces grands hommes donnaient droit de cité aux spéculations métaphysiques et religieuses dans leur esprit éminemmen: scientifique. L’antagonisme affirmé par Comte entre la religion, la méta physique et la science n’existe donc pas. Toujours l'intelligence humaine … continuera à se poser les questions d’origine et de fin, d'essence et des

cause, qui sont du ressort de la religion et de la métaphysique. Les sciences physiques et naturelles doivent se borner à étudier les lois c’est-à-dire les rapports constants de succession ou de coexistence entre les phénomènes. nn. RE Les attaques des Positivistes ont eu pour résultat, non pas de supprimer la Métaphysique et la Théologie, mais de mieux circonscrire « le domaine où doit se renfermer la science. « La science expérimental

a dit Pasteur, est essentiellement positiviste, en ce sens que, dans ses conceptions, elle ne fait jamais intervenir la considération de l'essence » des choses, de l’origine du monde et de ses destinées. » Berthelot ne pense pas autrement : « La science positive ne poursuit ni les causes premières, ni la fin des choses ; mais elle procède en établissant des. faits el en les rattachant les uns aux autres par des relations immédiates (?). » Cette nette délimitation de frontières a un grand avantage. M Quand un savant émet une opinion sur l’essence des choses, lorsqu'il « donne une solution aux problèmes d’origine, de cause et de destinée, # il ne parle plus en tant que savant, mais il s’élève au rôle de méta-" physicien ou de théologien. Ce départ une fois fait (et les savants sont =

aujourd’hui les premiers à en reconnaître la légitimité), il devient mani-"

feste qu'aucun conflit n’est possible entre les Sciences positives d’une

part et la Métaphysique ou la Religion d'autre part, puisque leur champ

d'exploration est différent. Car pour qu’il y ait rencontre et heurt entre plusieurs sciences, il faut qu’elles se développent sur le même terrain

et qu’elles aient des points de contact immédiat (5). | 74

IT. — D’après le Positivisme, nous n'avons aucune faculté appropriée

à la connaissance des substances, des causes, de l'absolu. Nous sommes

même incapables de recourir à l’observation interne (4) ou réflexion (LociQue, 93, $ A). à + TS

Tous nos procédés d’investigation se réduisent à l'observation

(9) Cf. E. NAvILLE, La Physique moderne, 3° Étude, p. 133-210, Paris, 48902, —

G. SorTais, La Providence et le Miracle devant la Science moderne, p. 6-42, Paris, 1905.

: (*?) M. BERTHELOT, La Science idéale et la Science positive. CARS (?) Cf. G. SorTais, Pourquoi Les dogmes ne meurent pas, 2° éd., p. 21-22. La Providence”

- €tle Miracle devant la Science moderne, p. 90-92. D . (9 Le Rhénoménisme ou Positivisme anglais admet au contraire que l'observation interne est la source unique de l’expérience. ES TT

i échappe complètement ; donc les substances, les causes, l'absolu sont inconnaissables.

prend en outre les données de la conscience. L'expérience externe a pour condition nécessaire ee interne, dont nous avons établi la

B) Les substances et les causes du monde physique sont assurément | en dehors de la portée des sens. Mais par la conscience je ne perçois pas he eulement mes | Ages je Mme perçois aussi dans mes phénomènes,

Critique. — À) Les Positivistes ont tort de vouloir ramener les données

avons en outre la faculté de connaître le nécessaire, l’universel, l'abs0 li je

est la raison, faculté irréductible à l'expérience. Sans doute, l'esprit humain n’a pas, comme l’affirment les Ontologistes, l'intuition de l'être

F puis, la raison proprement dite, percevant entre ces notions premières des rapports absolus, nécessaires, universels, s’élève aux principes de ausalité, de substance, etc. ; = enbn: par le raisonnement, elle démontre xistence de causes particulières, et la nécessité d’une cause première, anscendante, absolue (Psycx., 179; Mérapx., 76).

. III. — Certains Positivistes font valoir lobjection de Hamilton, qui étend que l'absolu est inconcevable. Cette objection a déjà été exposée réfutée (Psxcrr, 187, $ A, II).

ts CG — ABOUTISSEMENT LOGIQUE DU POSITIVISME

En en comme principe essentiel que cela seul est certain qui a té expérimenté, le Positivisme aboutit à l’empirisme et oublie le rôle « nécessaire et capital de l’idée à priori dans les découvertes scientifiques. Or, comme l'enseigne Claude Bernard, « c’est l’idée qui constitue le point | de départ ou le primum movens de tout raisonnement scientifique, et

Pinconnu » (1).

. Mais si l'induction, qui détermine les lois de la nature, n’a pas pour

ndement un principe rationnel nécessaire, ces lois n’ont qu’une valeur écaire. Les Positivistes anglais ne reculent pas devant cette consé-

y De 47, ons, 1865.

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