‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 444 sur 761 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

la limite, à savoir l'essence, je le concède. Elle n’est pas reçue d’un

De Substantia, Quæst. I, p. 46 verso, col. 1, vers le bas, Salamanque, 1554).

I] y a d’abord entre l’essence réelle et l'exsteites une no de raison, parce que les concepts d’essence et d'existence sont différen Le concept d’essence signifie ce par quoi une chose est ce qu’elle es appartient à telle espèce. Le concept d’existence signifie ce par quoi u chose est hors du néant. $

C’est ensuite une distinction enadéquate. La distinction est adéqu quand aucun des deux concepts ne renferme l’autre : vg. animal, végétal. Elle est inadéquate, quand l’un des concepts renferme l’autre c’est le cas présentement, car si le concept d’essence ne renferme p l'existence, le concept d’existence renferme l'essence. à

Cette distinction a enfin un fondement dans la réalité, c’est-à-dire qu la réalité fournit à l'esprit l’occasion de distinguer. Ici, le fondemen consiste en ce que l’essence finie est contingente, c’est-à-dire n° exist pas nécessairement : de là vient que cette essence pou être congi 1 indépendamment de l'existence. 4

C) Remarques : I. -— La distinction virtuelle suffit pour difté rencier Dieu et les créatures, parce que, en Dieu seul, le concept d l'existence est essentiel : Il ne peut pas ne pas exister : : c’est l’Étre nécessaire. Dans les créatures, au contraire, le concept de l'existence est accidentel : elles peuvent exister ou n’exister pas : ce sont des être contingents. £

Un thomiste éminent, Dominique Soto, a fait cette hdiciel remarque : « Admettre ou nier la distinction réelle entre l'essence et l'existence n’a pas si grande importance, pourvu qu’on ne nie pas I différence entre nous et Dieu, à savoir, que l’existence est essentielle à Dieu, mais non aux créatures. De même, celui qui nierait la distinction

pourvu qu ‘il n’admît pas que être assis est essentiel à l’homme. LA

nciens y voyaient une distinction et peut-être avec raison (?). » | Les adversaires cependant objectent :

19 Si l’essence et l’existence sont une seule et même réalité, r'êt \

de toute créature sera comme l’être de Dieu un esse wrecepium. À

Réponse : l'existence de la créature n’est pas reçue dans un sujet

autre, Je le nie, parce que les créatures, étant l’œuvre de Dieu, reçoiveni | l'existence de Lui. Leur esse n’est donc pas trreceplum.

essentia], aut concedere, aut negare, dummodo non negetur differentiam inter nos et Deuil quod esse sit de essentia Dei et non sit de essentia creaturarum ; sicut qui negäa verit sessionem distingui realiter a sedente, nihil magnum negabit, dummodo non conceda sessionem esse de essentia hominis ; hanc enim antiqui appellabant distinctionem et fort docte. (D. Soro, In Dialecticam AMstotelis Commentarii, Lib. Prædicamentorum, OC: D

. 20 L’essence est à luc ce que la puissance est à l’acte. Or la puissance se distingue réellement de Pacte. Donc l'essence se distingue dolce de l’existence.

É. Réponse : dans l’ordre réel l’essence joue le rôle de puissance, je le nie. Dans l’ordre logique, l'essence peut être considérée comme jouant le rôle de puissance, c’est-à-dire comme limitant l'existence, je le concède. Mais, dans cette considération, il n’y a place que pour une distinction le raison. :

- II. -— C'est un point obscur, très discuté, de savoir si S. THomas tient pour la distinction réelle ou pour la virtuelle. On cite, en effet, des textes qui semblent favoriser les deux solutions. Ce qui explique: cette incertitude des commentateurs dans l'interprétation des textes lévués, c’est que ces textes ne sont pas explicites (?), et que la distinction irtuelle est appelée quelquefois réelle. Elle l’est en effet, non pas strictement, mais au sens large, parce qu ’elle procède de l'esprit déterminé par la chose : c'est la chose elle-même qui lui fournit matière à distinction. oilà pourquoi certains interprètes de S. Thomas ont pu qualifier cette istinction de réelle, sans qu’on ait le droit d’en conclure que, d’après x et d’après S. Thomas, l'essence et l’existence d’un être actuel difierent entre elles comme deux réalités distinctes.

©) Autrefois les Thomistes s’appuyaient sur ce texte très explicite : Nota quod in

creaturis esse essentiæ et esse actualis existentiæ differunt realiter, ut duæ be res (Opuscüulum de Prædicamentis, C. 11, circa finem). Si ce texte était authentique, il tr ancherait la

controverse. Mais on reconnait aujourd’hui qu’il n’est pas de S. Thomas. HA

Dao

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