‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 512 sur 761 · ARGUMENT TIRÉ DE L'UNITÉ DE LA PENSÉE · texte numérisé non relu

ARGUMENT TIRÉ DE L'UNITÉ DE LA PENSÉE

lement à ramener la pluralité à l'unité : penser, c’est unir, comme dit Kant. Si vg. on juge, on réunit deux idées, le sujet et l’attribut, dans - une même affirmation. Ce point rappelé, admettons un instant que lé principe de la pensée soit composé. De trois hypothèses, l’une. Ou bien * a) La pensée sera produite à la fois par toutes parties du principes pensant prises collectivement. — Cette première hypothèse répugne, car chaque partie produirait une partie de l'effet ; et l'effet total, la: - pensée, ne serait que la somme divisible des effets partieis. La pensée ne serait donc plus simple, ce qui est contraire au témoignage de læ conscience. : - me e b) La pensée sera produite par chacune des parties prises séparément. — Cette seconde hypothèse est aussi contraire au témoignage de las conscience, car nous devrions avoir conscience d'autant de pensées simultanées que de parties pensantes. - 4 c) Reste une troisième supposition : la pensée sera produite par” une seule des parties qui serait simple et indivisible, les autres parties… ne Concourant pas à la pensée. — C’est précisément cette partie simple. et indivisible, principe unique de la pensée, que nous appelons âme. On peut représenter cette triple hypothèse graphiquement. Soit A — la pensée totale ; a, b, c, d — les parties composant la pensée totale.

I Il III ne. ea 2 a b À A c d A À A IT. — La comparaison : au témoignage de la conscience, l'âme a le”

pouvoir de comparer deux idées. Or ce pouvoir ne peut exister que dans « un esprit simple. Laromiguière le prouve ainsi : « Une substance ne peut « comparer qu’elle n’ait deux sentiments distincts ou deux idées à la fois. M S1 la Substance est étendue et composée de parties, ne fût-ce que de deux, où placerez-vous les deux idées ? Seront-elles toutes deux dans « chaque partie ou l’une dans une partie, et l’autre dans l’autre ? Choi-sissez ; il n°y a pas de milieu. Si les deux idées sont séparées, la compa-" raison est impossible. Si elles sont réunies dans chaque partie, il y a. deux comparaisons à la fois, et par conséquent deux substances, qui. <omparent, deux âmes, deux moi, mille, si vous supposez l’âme COM- M

MOD ARGUMENT TIRÉ DE LA LIBERTÉ. AU te

posée de mille parties (1). » Toutes choses qui répugnent au témoignage de la conscience. | - ;

III. — La réflexion : la conscience nous atteste que nous avons le pouvoir de réfléchir, de nous replier sur nous-mêmes. Or une substance “composée en est absolument incapable. En effet une substance étendue. “ne peut se replier sur elle-même que par superposition de certains éléments sur les autres. Elle ne peut pas rentrer totalement en ellemême, de telle facon que tout l'être soit en présence de tout lui-même. Notre âme a au contraire la faculté de revenir sur ses modifications “antérieures, de se mettre elle-même en présence d’elle-même par la réflexion. Elle n’est donc pas une substance étendue. |

Page 1