608 LE PANTHÉISME : RÉFUTATION LENS
Pour atténuer l’incorrection de ce procédé, Spinoza a cherché, ap avoir mentionné l’existence du fini, à le rattacher à Pinfini, mais se ÿ parvenir. Tout effet fini, dit-il, exige une cause finie ; celle-ci, qui est également un effet fini, exige à son tour une cause finie, et ainsi de suite sans terme. Mais cette série illimitée de causes finies ne peut rattacher le fini à l'infini, parce que cette série, si loin qu’on la prolonge, ne ren: fermera jamais que des causes finies, en vertu même du principe mis en. avant par Spinoza. L’abime qui sépare le fini de l'infini reste toujours. . à combler. Car, d’un côté, nous avons cette collection d'êtres finis, et. de l’autre, l'infini : où est le point de jonction ? Spinoza n’a pu le trouver Il a beau dire qu’il n’y à qu'une chose : il n’a pas réussi à le prouver.
n'ayant pu ni déduire le fini de l'infini, ni, après coup, relier le fini à Pinfini. Ce que l’on découvre, au fond du Panthéisme, ce n’est pas le monisme, mais le dualisme. | ; ST 0-7 3° Contre Hegel : la prétention de Hegel est toute contraire. Son | point de départ est l’être absolument indéterminé, d’où, par une suite de transformations, il veut tirer l'être absolument déterminé. 3 Acceptons, pour un moment, la thèse et l’antithèse que Hegel met à la base de tout son système, à savoir : l'être absolument indéterminé ; — cet être n’est pas. De là il a prétendu déduire la synthèse : le devenir. Paul Janet à très bien montré que cette déduction n’a rien de nécessaire : « Eh bien ! J’applique mon esprit à la notion d’être pur, indéterminé. Jusqu'ici rien qui ressemble au devenir. Mais je poursuis et Je cherche à pénétrer plus avant dans la notion de l’être pur, et je mM'aperçois qu’en le regardant par un certain côté, je puis dire et penser de lui qu’il est non-être tout aussi bien qu'être. Voilà qui est bien. Mais suis-je forcé d'aller plus loin ? Cette contradiction entraîne-t-elle nécessairement ma pensée à une nouvelle idée, synthèse des deux précédentes ?. En aucune façon. Je pense l’être pur, je pense le non-être ; Je trouve que: ces deux notions se ressemblent beaucoup et s'impliquent l’une Pautre,. et je m’arrête là. De là au devenir, il y a un abîme (1). » Non seulement. cette déduction ne s'impose pas, mais elle est impossible, car il y a quelque chose de plus dans le troisième terme que dans les deux premiers. I] yat dans le dernier, un élément qu’on n’obtiendra. jamais par la comparaison. de l’être et du non-être : savoir l'idée de mouvement et en outre l'idée de temps dont il n’y a pas de trace non plus dans les deux premiers. termes (2), K.
Il est inutile de pousser plus loin, puisque la déduction fondamen
é L (9) P. JANET, Études Sur la Dialectique dans Platon et dans Hegel, p. 348-349, Paris “À 1861. : | is,
(?) Cf.P. JANET, Tbidem, p. 353-355.