LE TRANSFORMISME : DARWIN
L’éleveur, qui choisit et isole les reproducteurs, est remplacé dans I
nature par : | a) La lutte pour la vie (struggle for life) qui préserve les meilleurs
sujets. 4 b) L'influence du milieu. / }
c) Les cataclysmes et les migrations qui Rd 0 le HR de variétés en les séparant (1).
A) La lutte pour la vie ou concurrence tale, est la consés quence fatale de l’exubérante fécondité des êtres vivants (?). Si cett exubérance n’était pas contrebalancée, la terre serait bientôt incapabl de nourrir et même de contenir ses habitants. Chaque être vivant do donc lutter pour assurer son existence. Dans cette concurrence vital les moins avantages périssent ; les mieux protégés résistent. Ainsi $é dégage la loi de la survivance des plus aptes à la lutte. 1 ne faut pe confondre les plus aptes avec les plus forts. Les victorieux sont ceux q l'emportent sur leurs concurrents soit par leur vigueur, soit par quelqu autre qualité naturelle, comme la ruse, la légèreté, la couleur, et Le mimétisme (°) sert de protection aux faibles. Il se fait donc, à chaqi génération, un choix réel des individus qui possèdent les qualités l plus avantageuses et les transmettent à leurs descendants. 4
Le temps et l’hérédité sont les deux grands facteurs de ce progrè car le temps, dont dispose si largement la nature, accumule sans cessl de petites différences, et l’hérédité les fixe dans la descendance. Le caractères ainsi acquis le sont pour toujours, et cel constitue la loi. de caractérisation permanente. “4
Mais comme, à chaque génération, les de sortis d’un grouf ainsi caractérisé s’éloignent de plus en plus du point de départ, ils e viennent à différer, d’une façon très tranchée, de l'organisme primit d’où ils descendent, et constituent ainsi de nouvelles espèces, en obéissa it à la loi de la divergence des caractères. | +4
(:) On entend par : 1° Espèce, une collection d'individus qui ont un certain nomb de qualités communes et essentielles, indéfiniment transmissibles par génération. El implique donc deux caractères : la fixité et l’interfécondité. C’est la définition qui: résulte de observations qui ont été faites par l’homme depuis qu'il les consigne.
29 VARIÉTÉ, un groupe d'individus qui ne se distinguent que par des qualités: ac dentelles, lesquelles peuvent disparaître.
3° RACE, un groupe d'individus dont les caractères * constituant une. variété, so fixés et perpétués d’une manière constante par la génération et l’hérédité. — Aux yes Darwin, Les espèces actuelles ne sont que des variétés fixées.
(2?) Ep. PERRIER la nie pour 4 embranchements sur 8 du Règne animal. « Ce n est dor pas à la guerre que sont dus-les plus grands progrès dans la nature ; la victoire finale pas été celle de la force, mais celle de la paix. » (Comptes rendus de l’ Académie des Scier 27 décembre 1915, T. 161, p. 816). :
(He mimétisme est la propriété qu'ont certaines espèces de revêtir les appa d'animaux redoutés ou dédaignés par les carnassiers. — R. WALLACE, La sélection. natur
D LE TRANSFORMISME : DARWIN 615 Remarque : on s’imagine parfois qu’il s’agit de transformer une espèce donnée en une espèce voisine, vg- un âne en cheval, un chienen loup ou vice versa. C’est une erreur. Les espèces ne se transforment pas (ce sont les individus) ; elles se forment par divergence en s’éloignant du tronc commun d’où elles descendent et dont elles gardent les traits iondamentaux. Le loup ne vient pas du chien, ni le chien du loup, mais le loup et le chien seraient, d’après les transformistes, deux rameaux divergents sortis d’une même souche antique.
N B) —— Le milieu : Darwin n’attache qu’une influence secondaire à l'influence du milieu comme source de variations dans les animaux et les plantes. C’est un fait que la nature des conditions ambiantes, le climat, l'alimentation, la lumière, etc., sont une cause de modifications
VU
plus ou moins importantes dans la constitution des êtres : vg. le chien
transporté dans les régions polaires se couvre d’une fourrure de poils OR
pais ; à l'équateur il perd ses poils. Les. changements, disent les trans- … formistes, ont dû être encore beaucoup plus profonds et rapides, dans les Périodes géologiques, où les conditions de milieu étaient beaucoup plus … nstables. | FiTS C) — L’émigration spontanée et les grands cataclysmes, en sépatant les espèces en voie de formation, ont permis aux caractères. livergents de s’accentuer de plus en plus (1). fe Les transformistes ajoutent d’autres arguments (2?) : 4 D) — Les organes rudimentaires ou organes-témoins : ce sont
les organes si peu développés qu’ils ne paraissent plus pouvoir exercer üeune fonction : ve. l'œil pinéal, placé au sommet de la tête, est atrophié hez les animaux supérieurs, mais il se voit encore chez certains reptiles : le chien, le porc, le cheval ont des doigts plus ou moins atrophiés tinutiles, ete. Dans la théorie transformiste, ces organes ont leur raison l'être : c'est comme la signature de l’ancêtre commun dans toutes les Spèces qui descendent de lui. C’est sans doute le non-usage à travers äsieurs générations qui à produit l’atrophie. | E) — Série embryologique : lembryologie est la science du déve-
de
ppement individuel depuis l'œuf jusqu’à la forme adulte. D’après les rwinistes, tout animal va du simple au composé par une multitude de. hases, pendant lesquelles il offre de grandes analogies avec des formes Me conservent toute leur vie des êtres inférieurs : vo. des êtres de même branchement, mais de classes différentes, comme les poissons et les ‘
«(7 «..Obligé d'abandonner la géologie des cataclysmes, on s’est rejeté sur la paléontogie, imaginant des luttes violentes dans le monde animé... En réalité ces combats ont é des exceptions ; il faut se figurer une grande nature où, comme de nos jours, toutétait APMOnIe ». (A. GAUDRY, Essai de paléontologie philosophique, Ch. 11, p. 31, Paris, 1896) x ?) D’après J. GuIBERT, Les Origines, Ch. 111, $ 3. j
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mammifères, ont un développement parallèle jusqu’au type poissons ‘alors, tandis que les poissons se caractérisent dans leurs ‘espèces, les. mammifères continuent leur marche ascendante, passent par des états qui sont permanents chez les batraciens et transitoires chez eux, arrivent enfin au type caractéristique de leur classe. I y aurait donc w parallélisme entre la série embryologique et la série zoologique. Chaqu individu répéterait brièvement les phases par lesquelles a passé son espèce. Ainsi les embryons d’un poisson et d’un mammifère se ressems blent longtemps, parce que tous deux reproduisent les phases par les# quelles avait passé l’ancêtre commun qui fut le premier des vertébrés. F) —— Série paléontologique : les couches sédimentaires étudiées par les géologues sont comme les feuillets d’un livre, où la science peu étudier la succession des êtres vivants. Mais il manque beaucoup € pages à ce livre, soit parce qu’une petite partie seulement de l’éco terrestre a été explorée, soit parce que l'érosion a détruit beaucoup documents. De plus, à part les mollusques, peu d’êtres vivants se fo lisent. Une grande part reste donc à l’hypothèse pour interpréter les signes conservés et combler les lacunes. Or, d’après les transformistes les caractères non effacés seraient tous favorables à leur thèse. 4 Les animaux n’ont point tous apparu à la même époque ; les espèc ont été formées successivement dans le cours des périodes géologiques depuis la première origine de la vie jusqu’à la naissance de l’homme, ! signale sans cesse de nouvelles espèces. Ces apparitions ne se font pas brusquement ; les espèces se renouvellent peu à peu ; les unes périssent les autres arrivent. Ce n’est pas au basard, mais suivant un ordre constam en allant du simple au composé, que ces espèces apparaissent. Les invêl tébrés vivent avant les vertébrés. Parmi les vertébrés, les poissons 8e montrent dès le silurien ; viennent ensuite les batraciens sur les prem continents émergés au temps carbonifère ; les reptiles débutent a l'ère secondaire : les oiseaux et les mammifères commencent à a des représentants dans l’ère secondaire, mais ils n’ont leur plein d loppement que durant l’ère tertiaire. :
Pour les groupes représentés par de nombreux restes, le passa insensible d’une forme à l’autre est frappant ; ces formes de transi se rencontrent soit : Le TNT a) Pour lier entre eux lesembranchements: vg. les premiers batrac présentent de nombreux caractères propres aux poissons : les prem oiseaux gardent plusieurs caractères propres aux reptiles. PEU b) Pour faire l’histoire des espèces d’un même genre : vg. parm mollusques, où les fossiles abondent, chez les céphalopodes, commen nautiles, les goniatites, les ammonites. AC Le transformisme prétend expliquer cette succession paléo logique en disant que les formes primitives se sont modifiées eb éle