‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 610 sur 761 · LE MIRACLE · texte numérisé non relu

LE MIRACLE

B). — Sagesse : on se rend encore assez ee à cette raisor qui ne va qu’à établir la possibilité métaphysique du miracle, mais pou se retrancher triomphant derrière un argument prétendu invincible L'intervention miraculeuse du Créateur, possible à considérer sa puis sance, répugne à sa sagesse, car elle serait dans univers une cause d trouble. Il est à peine croyable à quel point certains esprits forts semble émus par cette objection puérile. Lorsqu'ils veulent la couvrir d’un verni scientifique, ils vous disent d’un ton pédant et doctoral : « Les lois dell nature sont absolument immuables ; le miracle en serait la violation ; il es donc tout à fait incompatible avec la sagesse divine, qui ne peut détruir Pharmonie primitive du monde par l'introduction d’un pareil élémen de désordre. » Voilà une conséquence bien grave | Mais, la base sur laquel on l’appuie étant fausse, tout s'écroule. D

Les lois de la nature, loin d’être æbsolues, catégoriques, sont essen | tiellement relatives, conditionnelles. Le physicien et l’astronome nl disent pas : Tel phénomène sera donné, donc tel autre le sera ; mañ

un savant ou un illettré énonce cette proposition : : La lune tourner demain autour de la terre, est-ce que la science comme le bon senf vulgaire ne sous-entendent pas, st les circonstances et les causes hab tuelles restent les mêmes (1) ? Mais qu’un agent étranger entre sub tement en scène, et l'effet sera modifié : est-ce que la loi est violée Pas le moins du monde, car elle n’avait pas pour formule : les circot stances et les causes étant changées, l'effet restera le même. Est-ce | ombre d’un désordre vient projeter sa tache ? Pas davantage : un agen supérieur ayant déployé sa force, 1l en résulte un ordre nouveau. Les exemples abondent ; ils sont journaliers. Voici un caillou qui roule sut une pente rapide ; abandonné à lui-même, il irait tomber dans un ravi Il me plait de l’arrêter. Ma force s’est mesurée avec uné force contrailé et l’a emporté. Ai-je violé quelque loi physique ? Aï-je introduit quelqu trouble dans le monde ? A ce compte, nous passerions notre vie à ouf | l'univers, et nous serions des facteurs permanents de désordre. QuiMe dira ? Comment toutes ces vérités, incontestables quand l’homme, cause secondaire et subordonnée, est seul en jeu, cesseraient-elles de l'être, dès là qu’il s’agit de Dieu, cause première et indépendante ? M Au lieu d’un caillou roulant, je suppose un énorme rocher se déte chant d’un sommet alpestre : aucune force humaine n’est capable

(1) « La science ne dit jamais : A sera donné, donc B sera donné. Mais elle dit : si Ae donné, B sera donné. Quand le savant dit : le soleil se lèvera demain, il sous-entend Si toutes les causes restent les mêmes. Intervient-il quelque cause nouvelle qui mouifid l’effet attendu, Le savant ne dit point que la loi est violée, car la loi ne dit pas que, les cause étant autres, l'effet doit rester le même. » (E. RABIER, Leçons de philosophie, T. I, p. 546).

A ie divin. Dans le cas de cette intervention surnaturelle, je Cherche où serait le désordre, et je ne le vois pas. L’homme ne viole pas Mes lois de la nature en arrêtant une pierre par simple caprice, et Dieu Jes violerait en arrêtant un quartier de roche, par un acte de sa volonté toujours sage, qui l’aurait décrété de toute éternité (1) ?

"OI. —- La prescience divine détruit la liberté humaine (Voir la réponse, Bsycaozocie, 205, $ III). “+ … II. — L'existence du mal. L'existence du bien est la grande raison e croire en Dieu. Le bien, c’est d’abord l’être du monde, l’activité dont est doué, l’ordre et l'harmonie qui le régissent. C’est ensuite la raison, iberté, la moralité. La grande objection contre la Providence, € da

On M iabe trois formes du mal : le mal métaphysique, le mal physique, le mal moral. |

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