I — OPTIMISME ABSOLU
C’est la thèse soutenue par MALEBRANCHE et par LEIBNIz. ‘4 A) D’après MALEBRANCHE, Dieu a tout créé pour sa plus grande gloire. Le monde fait donc éclater cette gloire au plus haut degré possibles cu Dieu agit toujours par les voies les plus simples et les plus générales et il a mis dans le monde toute la perfection compatible avec cette condition. Dieu aurait pu, par des « volontés particulières », empêcherm tel ou tel mal ; mais il ne l’a’pas fait, parce que la simplicité et la géné ralité des moyens employés dans une œuvre sont un signe certain de“ Ja perfection de l’auteur. Dieu aurait donc dérogé aux conditions de Ia perfection, s’il avait agi par des volontés particulières, au lieu de s’e L tenir à des volontés générales. Dieu d’ailleurs ne veut pas le mal, mais il le permet comme lié au plus grand bien possible. ‘4 Unissant la théologie à la philosophie, Malebranche en appelle à l’Incarnation. L’union du Verbe à la nature humaine élève la créations, à un degré de perfection digne de Dieu. Aussi le Fils de Dieu se serait- il incarné, quand même le premier homme n'aurait pas péché. B) Selon LerBniz, Dieu conçoit la possibilité d’une infinité de Rond différents les uns des autres par leur degré de perfection. Étant infiniment, intelligent et puissant, il connaît le meilleur de tous ces mondes et peuts | le réaliser. Maïs, si pouvant créer le meilleur, il en préférait un autre, moins parfait, ce choix serait contraire : % 19 À sa sagesse, car il n’aurait pas de raison d’être, puisqu’ 1 nes serait pas possible de rendre raison pourquoi les choses sont alléesk plutôt ainsi qu’autrement » (°).
20 A sa bonté, « car d'avancer qu il sait ce qui est meilleur, 1l le peut faire et qu il ne le fait pas, c’est avouer qu’il ne tenait qu'à ‘4 volonté de rendre le monde meilleur qu’il n’est; mais c’est ce qu'on appelle manquer de bonté » (?). Donc Dieu a dû créer le meilleur des mondes possibles. L Mais, il faut le bien remarquer, ce monde meilleur que Dieu a créé, c’est le meilleur par rapport à l’ensemble des choses et non at regard des détails; c’est le meilleur non par rapport à chaque espèce d'êtres ou à chaque astre, mais au regard de tout l’univers# c’est le meilleur non par rapport à l’univers tel qu’il est actuellement, mais tel qu'il devient dans son évolution indéfiniment progressive Pour en juger équitablement, il ne faut donc pas l’envisager à un moment de sa durée, mais dans toute l'ampleur de son développement : « Quel
(7) LEIBNIZ, Principes de la nature et de la grâce fondés en raison, $ 10.
(?) LEIBN1IZ, Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et Lorigin L du mal, IIe P., $ 194.
nn de ire te et qu’il est toujours das d’en Re à une qui le soit davantage. Je réponds que ce qui peut se dire d’une créature ou d’une substance particulière, qui peut toujours être surhpassée par une autre, ne doit pas être appliqué à l’univers, lequel, se devant étendre par toute Péternité future, est un infini (1). »
M. Dieu a donc réalisé le monde où il y a la plus grande somme possible de biens. Il renferme cependant une certaine quantité de maux, parce
; ue le monde étant créé est nécessairement imparfait. Ces maux dont
te
Guvait a bür. avec le minimum d’inconvénients. Les créatures les plus utiles ne von pas sans quelques effets fâcheux : ve. le feu, qui rend tant de services, peut causer des incendies. Un autre ordre de choses aurait entrainé de plus graves imperfections. |