LA VERTU : MALEBRANCHE
sa définition de ces mots : « Relativement à la perfection et au bien, la vertu est un sommet. » Kaià aï ro apiaiov ■/ y\ ~ô zu a xçoTr,;. (^).
En unissant les deux points de vue, la théorie d'Aristote peut se justifier. Toute vertu doit suivre la direction qui la conduit à sa fin : elle doit donc éviter toute déviation, n'aller ni à droite, ni à
'AxpoT A
gauche ; à droite, c'est vg. la témérité; à gauche, c'est la lâcheté; entre les deux, au milieu, c'est la vertu de courage. Donc, en ce sens, in medio virtus, car tout écart éloigne du but. Mais tant qu'on marchera en suivant la ligne droite, la ligne du vrai courage, si haut qu'on puisse monter, on suit toujours la direction qui rapproche de plus en plus de la perfection idéale, on fait, par le bon chemin, l'ascension de ce sonwiel qui s'appelle la vertu. L'excès n'est donc pas à craindre, puisqu'on ne dévie ni à droite ni à gauche, et que le sommet est inaccessible, c'està-dire que l'idéal recule sans cesse.