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LIBERTÉ DE LA PROFESSION ET DE LA VOCATION

résister longtemps ; aussi ceux qui l'admettent en théorie sont obligés, arrivés au pouvoir, de la limiter plus ou moins en pratique. C'est une inconséquence, mais qui prouve du moins que la doctrine de la liberté absolue est inadmissible.

Remarque : le rétablissement d'une religion d'État ne serait possible que si la nation revenait, par une libre persuasion, à l'unité de croyances. Jusque-là il est nécessaire de tolérer les cultes dissidents. Avant d'arriver à cet accord parfait, il y a un terrain d'entente commun, c'est le Décalogue. Le Play a prouvé, dans une série de monographies, que les peuples sont prospères en raison directe de l'observation du Décalogue (121).

III. — Liberté de la profession et de la vocation. — Chacun a le droit de vivre avant tout pour Dieu et pour soi. Or le respect de ce droit exige que personne ne soit contraint à embrasser un genre de vie qui lui semble incompatible avec la poursuite de sa fin dernière et même avec le degré de perfection qu'il veut réaliser pour atteindre plus sûrement et plus pleinement cette fin. La série des devoirs plus ou moins lourds, en face desquels se trouvera l'intéressé, découlera du parti adopté. Comme c'est lui qui en portera la responsabilité devant Dieu et devant les hommes, il est juste qu'il puisse choisir librement, parmi les genres de vie conformes à sa condition et à ses goûts, celui qui lui paraît s'adapter le mieux à sa fm. Le principe général de la liberté de la profession repose donc sur le droit naturel qu'a tout homme de tendre à sa fin.

Le devoir, à la fois rigoureuk et délicat, des parents est de mettre leurs enfants en état de bien choisir leur carrière et de ne pas entraver leur liberté dans ce choix. Sans doute, ils peuvent et doivent guider leurs enfants dans l'examen de cette grave question d'où dépend l'avenir. Mais leur direction doit s'inspirer du bien réel des adolescents qui les consultent, et non de motifs personnels dictés par l'intérêt et l'ambition. Qu'ils n'oublient pas que c'est à l'enfant de choisir, et, quand ce choix est sage et raisonnable, ils n'ont qu'à l'approuver.

Ces considérations s'appliquent aussi, et a fortiori, lorsqu'il s'agit de ce que le langage chrétien nomme des vocations, c'est-à-dire des appels que Dieu fait à certaines âmes pour les attirer à une vie plus parfaite, à la vie sacerdotale ou religieuse. Les parents, qui contrarient les vocations reconnues sérieuses par les directeurs spirituels de leurs enfants, sont très gravement coupables, parce qu'ils s'opposent à un dessein providentiel et par là même s'exposent, pour obtenir un avantage temporel, à compromettre l'avenir éternel de ceux qui leur sont confiés. Qu'ils se souviennent que les enfants, avant d'appartenir aux parents, appartiennent à Dieu, notre Père (jui est aux deux.

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