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LE MARIAGE

Donc point de sacrement sans le contrat : si le contrat est nul par suite d'une circonstance qui peut l'annuler en droit naturel : vg, défaut de consentement, par là même pas de sacrement. Donc point de contrat sans le sacrement : le mariage civil ne crée aucune obligation de conscience et ne donne aucun droit. C'est un acte nul ; la législation qui le reconnaît ne fait que légaliser le désordre : il n'y a pas mariage, mais « concubinage légal » (^).

C) Le mariage entre baptisés étant totalement un objet sacré, spirituel, la législation en appartient totalement à l'Église en ce qui regarde la validité et la licéité, c'est-à-dire l'établissement des empêchements dirimants et prohibants.

D) Les tribunaux ecclésiastiques de Rome, quand ils rendent une sentence matrimoniale, ne dissolvent pas le lien conjugal, ils déclarent simplement sa nullité ou son invalidité.

§ in. — CARACTÈRES DU LIEN MATRIMONIAL

A) Liberté : le lien matrimonial dépend du libre engagement de deux personnes ; il ne peut donc être contraint par aucune autorité.

B) Unité : la polygamie est contraire au bien de la famille, parce qu'elle l'empêche d'atteindre pleinement sa fin. En effet :

10 Le mariage est une société qui demande l'affectueuse et intime communication des sentiments. Or cette intimité exige la monogamie ; car elle ne peut être totale et réciproque là où le mari a plusieurs femmes,

20 La polygamie est contraire à la perfection de la justice ; la femme se donne tout entière au mari ; il faut donc, pour maintenir l'égalité, que le mari se donne aussi tout entier à la femme.

3° De cette inégalité résulte la déchéance de la femme ; elle n'est plus traitée en compagne, mais en esclave par le mari.

4° Les familles, où règne la polygamie, sont troublées par les querelles et les jalousies. La consolation et l'assistance mutuelles, que les époux doivent tirer du mariage, sont compromises et l'éducation des enfants est négligée. Les faits confirment la vérité de ces assertions.

C) Indissolubilité : le divorce est illicite, parce qu'il est contraire : 1» Au bien des enfants : la possibilité de la dissolution du lien

conjugal diminue l'affection et le soin pour les enfants. Leur éducation est par conséquent plus ou moins manquée. Après le divorce, ils sont séparés de l'un ou de l'autre de leurs parents, partagés et contrariés

(M Pie IX, Lettre à Victor -Emmanuel, 19 septembre 1852. — J. Cauvière, Le lien conjugal et le divorce. — G. Fonsegrive, Mariage et union libre. — R. Lemairb, Le mariage

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