CONDITIONS OU ÉLÉMENTS DE LA MORALITÉ
La moralité est la propriété qu'ont les actes humains d'être bons ou mauvais ; elle dépend :
L — De l'objet de l'acte : l'objet est ce que l'on fait en posant un acte. Il doit être bon en soi, conforme à la nature raisonnable, ou au moins indifférent en soi. Un acte est indifférent en soi quand il n'a pas de rapport spécial de convenance ou de disconvenance avec cette nature raisonnable : vg. se promener, s'asseoir.
IL — De l'intention : l'acte libre consiste essentiellement dans la détermination de la volonté, qui décide quelle est, entre plusieurs fins, celle que nous voulons réaliser. L'exécution ne dépend pas toujours
( ') CicÉnoN, Pro Milone, IV.
( ') H. l'Avr-, Kpist. ad Romnnos, II, 15. (') Montaigne, l'^ssuis, L. III, (Jli. i.
( *) L. .InuiN, Elemeniu philosophias nwrnlis, Part. Il, L. II, Ch. ii, Propositio IX, New-York, 189G». — Instilutes du droit naturel, par B. B., L. III, Paris, 1866.
(14) l'intention morale 31
de nous ; ce qui en dépend, c'est la position de la fin, la résolution volontaire (Ps. 193). Or poser des fins, c'est avoir des intentions ; avoir bonne volonté, c'est avoir des intentions droites. C'est par conséquent de l'intention que résulte principalement la valeur morale des actions, et même à'eïle seule quand l'acte est indifférent en soi (14). L'intention est bonne quand elle est d'accord avec la loi morale, mauvaise quand est en désaccord.
Remarque : la moralité dépend secondairement des circonstances.^ Ce sont des déterminations accidentelles, qui influent sur l'acte pour Vaggraver ou Vatténuer. Les Scolastiques les ont résumées dans ce vers : Quis, quid, ubi, quihus auxiliis, car, quomodo, quando.
Exemple : vol avec ou sans e (Traction.