‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 256 sur 604 · POUVOIR EXÉCUTIF · texte numérisé non relu

POUVOIR EXÉCUTIF

rentre en subissant une peine qui sera une réparation et, s'il l'accepte comme telle, une expiation (49, § IV, B). Or l'homicide est le crime qui s'oppose le plus directement aux fins de la société : celle-ci est faite pour protéger et perfectionner la vie humaine ; l'homicide la détruit. A ce forfait hors de pair, il faut un châtiment à part. L'ordre essentiel ayant reçu ici la plus grave atteinte, la peine doit être portée à son maximum de rigueur.

On prétend que la peine est destinée à la correction du coupable ; or la peine capitale lui enlève le moyen de s'amender. - — Ce n'est pas là le but essentiel du châtiment ; son but premier est la réparation de la justice, le rétablissement de l'ordre absolu ; la préservation sociale vient ensuite. L'intérêt du coupable ne vient qu'en troisième lieu, parce que l'ordre essentiel des choses et l'intérêt général l'emportent sur l'intérêt particulier. La peine capitale ne laisse pas sans doute au coupable le temps de recommencer une vie nouvelle, mais celui de se repentir et d'accepter la mort comme une expiation de son crime : cette acceptation le réhabilite et le réintègre dans l'ordre moral qu'il avait troublé par sa faute. En punissant les grands coupables de mort, la société agit en vertu d'une délégation naturelle d'un pouvoir qui n'appartient qu'à Dieu, auteur et maître de la vie et de la destinée.

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