LE DROIT INTERNATIONAL
l'individu, le droit de conserver sa vie et de travailler à son perfectionnement matériel, intellectuel et moral. Les autres nations ont donc le devoir de la respecter. Par conséquent les principes, qui règlent la conduite des individus entre eux, s'appliquent aux peuples dans leurs rapports mutuels : les peuples sont liés les uns envers les autres par des devoirs de justice et de charité.
D) Devoirs de justice : toutes les sociétés civiles ont même essence, même fin, même pouvoir. Elles ont donc, en vertu même de leur constitution naturelle, les mêmes devoirs et les mêmes droits vis-à-vis les unes des autres.
En matière de justice, droits et devoirs sont corrélatifs (54, § B, II). Voici les principales obligations internationales :
1» Respect de l'indépendance, de la nationalité, des droits des autres nations. Il n'est donc pas permis de conquérir un pays étranger, sous couleur de lui porter la civilisation, d'y implanter la vraie religion, ou d'y faire respecter la loi morale, à moins que ses excès ne nuisent aux autres pays.
2o Fidélité aux conventions internationales, aux traités de paix.
3° Ne faire la guerre que pour une cause juste et après avoir épuisé tous les moyens de conciliation (99, § B, II, 2°).
E) Devoirs de charité : les hommes pris individuellement sont tenus à l'amour mutuel. Les sociétés, étant composées d'hommes, y sont tenues pareillement, car ce qui convient aux individus en vertu de leur essence, n'est pas supprimé par le fait de leur union sociale. Gonséquemment ces préceptes : A^e fais pas aux autres ^e que tu ne veux pas qu'on te fasse. Fais aux autres ee que tu désires qu'on te fasse, s'appliquent également aux rapports des sociétés entre elles. Une différence est cependant à noter. Il est loisible à un particulier de sacrifier, par amour pour autrui, un bien temporel dont il a la libre disposition. Mais un Gouvernement doit préférer le bien social dont il a la charge au bien d'une société étrangère.
Les peuples ont le devoir de s'entr'aider à accomplir la justice et à promouvoir la civilisation.
Si un peuple est attaqué injustement par un ennemi, la charité demande que les autres nations, qui le peuvent sans grave dommage pour elles-mêmes, viennent à son secours.
F) Principe de non-intervention : sans doute il n'est pas permis d'intervenir par la force dans les affaires intérieures d'une autre nation sans son consentement, à moins qu'elle ne soit tombée dans une complète anarchie ou qu'elle ne cherche à propager au dehors des doctrines subversives. Quand un pays est agité par des troubles civils, on n'a pas le droit d'empêcher une autre nation de porter secours, dans ce pays, soit au peuple, soit à l'autorité, dont les droits sont violés, si ce secours