‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 285 sur 604 · I. — Prière : c'est l'élévation de l'âme vers Dieu pour · texte numérisé non relu

I. — Prière : c'est l'élévation de l'âme vers Dieu pour

10 Uadorer : l'adoration est un sentiment de profond respect et de soumission absolue qui n'est dû qu'à Dieu, à cause de l'excellence infinie de sa nature et de son domaine souverain sur nous.

2° Le remercier des bienfaits reçus.

3° Lui demander pardon des fautes commises.

4° Implorer son secours pour nos besoins physiques et moraux.

Objections : la prière en tant que demande est, dit-on :

a) Superflue^ parce que Dieu sait tout ce dont nous avons besoin. « J'adore Dieu, disait Rousseau, mais je ne lui demande rien, ce serait douter de sa Providence et de sa bonté. » — Réponse : nous devons prier, non pas pour faire connaître à Dieu nos besoins, mais pour manifester notre dépendance vis-à-vis de lui.

h) Inefficace : Dieu est immuable, la prière ne pourra donc modifier les décrets éternels de Dieu. — Réponse : les prières de l'homme, prévues de toute éternité, rentrent dans le plan divin : « Nous ne prions pas, dit saint Thomas, pour changer le plan divin, mais pour obtenir ce dont l'accomplissement a été, dans ce plan, subordonné à la prière i}). " Le savant Euler dit aussi : « Quand donc un fidèle adresse à Dieu une prière digne d'être exaucée, il ne faut pas s'imaginer que cette prière ne parvienne qu'à présent à la connaissance de Dieu. Il a déjà entendu cette prière depuis toute éternité et si ce père miséricordieux l'a jugée digne d'être exaucée, il a arrangé exprès le monde en faveur de cette prière, en sorte que l'accomplissement fût une suite du cours naturel des évéîieinents (^). »

c) Déprimante : celui qui prie devient inerte et se croise les bras en attendant le succès de sa demande. ■ — Réponse : c'est un faux supposé. La prière bien faite implique la coopération de l'homme : Aide-toi, le ciel t'aidera. Autrement elle serait présomptueuse.

( ') s. Thomas, Summa theologica, 2», 2»«, Q. LXXXIII, Art. 2 : Non enim propter hoc oramus ut divinam dispositionem immutemus, sed ut id impetremus quod Deus disposait per oraliones esse implendum. Sur la prière, voir toute cette question LXXXIII.

{ ') Euler, Lettres à une princesse d'Allemagne, Lettre XC, 3 janvier 1761. — Sur la prière voir une note remarquable dans Taparelli, Essai théorique de droit naturel, note XCVIII, p. 206 du T. IV., ■— Cf. J.-M.-L. Monsaiiré, La Prière. Philosophie et Théologie de la Prifre.

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