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LA QUESTION SOCIALE : CAUSES DE LA CRISE

nauséabonde de l'huile et de la graisse ; la chaleur intense en été comme en hiver (par suite de l'éclairage au gaz) ; le bruit des machines ; la durée du travail souvent exagérée, tout cela rend insupportable le séjour à l'usine, favorise l'alcoolisme, l'immoralité et .la débauche (^). »

Comme le maniement des machines requiert, d'ordinaire, plus d'agilité que de force musculaire, les femmes, les jeunes filles et les enfants ont été, dans beaucoup de cas, substitués aux hommes. Cette substitution s'est faite au bénéfice des entrepreneurs, car le travail féminin est moins cher, mais aussi au grave détriment de la famille, car les femmes mariées sont arrachées au foyer domestique, les jeunes filles se trouvent exposées à de grands périls, et les enfants prématurément émancipés se soustraient à l'autorité des parents.

3° Superproduction. - — Avant le développement extraordinaire des usines, le fabricant travaillait pour une clientèle restreinte et, ordinairement, sur commande. Aujourd'hui, travaillant pour le marché national ou même mondial, il lui est impossible de prévoir exactement les besoins d'une clientèle aussi étendue. Dans cette incertitude, il est porté à fabriquer plus qu'il ne pourra vendre. De là surproduction ; de là les crises industrielles et commerciales qu'elle entraîne. « Il est rare que ces crises réduisent un grand nombre d'employeurs à l'indigence ; le plus souvent, elles ne produisent d'autre résultat que de les forcer à restreindre leur genre de vie ou à faire appel au crédit {^). )> Pour les ouvriers les conséquences en sont généralement beaucoup plus graves : c'est le chômage forcé, tout au moins l'abaissement des salaires ou la diminution des heures de travail, c'est-à-dire la souffrance et parfois la misère. Pour les patrons ce n'est pas le nécessaire qui leur fait défaut, mais le convenable ou le superflu.

4° Insécurité de la classe ouvrière. — La situation de l'ouvrier est précaire. Trop souvent le salaire est insuffisant à l'entretien d'une famille, de sorte que l'ouvrier, même sobre et honnête, ne peut s'assurer par l'épargne des ressources en cas d'invalidité ou pour le temps de la vieillesse.

B) Causes d'ordre philosophique, moral, religieux :

l'' Les principes faux de la liberté illimitée pour l'individu et de l'égalité absolue de tous, appliqués à l'ordre économique, ont été, là comme ailleurs, malfaisants. Leur fausseté philosophique, au point de vue théorique, a déjà été plusieurs fois signalée (67, § III, C) ; les faits (antagonisme des classes, révolutions, grèves violentes, etc.) ont prouvé leur malfaisance pratique. Le monde du travail a été livré à une concur-

C) Ch. Antoine, Cours..., Ibidem, p. 188-189. (') Ch. Antoine, Cours..., Ibidem, p. 190.

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