‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 314 sur 604 · II. — NATURE DE LA QUESTION SOCIALE · texte numérisé non relu

II. — NATURE DE LA QUESTION SOCIALE

De tout ce qui précède, il résulte clairement que la question sociale est une question tout ensemble économique et morale. Son objet direct et immédiat se rapporte à l'économie sociale, car le problème à résoudre est celui-ci : Comment obtenir une meilleure répartition de la richesse et établir une paix durable entre les capitalistes et les travailleurs ? Mais elle est en même temps et, avant tout, une question morale et religieuse. Les remèdes d'ordre économique, en effet, qu'on a appliqués ou qu'on appliquera, ont été et resteront d'une efficacité très limitée, tant que la florale et la Religion n'auront pas changé les âmes, car les causes principales des maux dont souffre et se meurt la société, sont intérieures, d'ordre psychologique.

Cette vérité est si manifeste qu'elle s'est imposée à des penseurs appartenant à des milieux bien différents. Brunetière, après avoir cité Auguste Comte, mentionne, à notre époque, un professeur allemand, de l'Université de Strasbourg, Théodore Ziegler, un publiciste anglais. Benjamin Kidd, un pasteur américain, George Herron {^). Il pense comme eux : « Scientifique, politique, économique donc, si l'on veut, mais secondairement, accessoirement, ou de surcroît, la « question sociale » est principalement et d'abord une « question morale ». Voilà ce que Comte a parfaitement vu. Voilà ce qu'il a voulu dire quand il a dit que « nul ae possédait d'autre droit que celui de faire toujours son devoir » {^). Brunetière ajoute : « Les questions sociales » étant des « questions morales », et les « questions morales » des « questions religieuses », les « questions sociales » sont donc, en dernière analyse, des « questions religieuses » (^).

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