‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 333 sur 604 · LE BEAU, LE GRACIEUX, LE JOLI · texte numérisé non relu

LE BEAU, LE GRACIEUX, LE JOLI

vue. Il faut donc déterminer quelle est, dans le genre agréable, la dijférence qui spécifie le plaisir du beau. Nous avons distingué deux sortes d'activités (1, § II) : activité sérieuse (travail) ; activité esthétique (jeu). Deux sortes de plaisirs y correspondent : à la première, les plaisirs qui résultent de la réalisation des fins désirées, de la possession des objetsutiles ou botis ; — à la seconde, les plaisirs qui résultent du déploiement facile, puissant et harmonieux de nos facultés cognitives, mises en jeu par des objets beaux. Le genre agréable comprend donc deux espèces de plaisirs : 1» le plaisir lié à la satisfaction d'un besoin physique, intellectuel ou moral : c'est le plaisir utilitaire ; — 2» le plaisir lié à la contemplation désintéressée des choses : c'est le plaisir du beau. C'est pourquoi rutile et l'agréable utilitaire exigent la réalité de leur objet, condition d'une consommation réelle ; le beau peut se contenter d'un objet imaginaire : la forme, V apparence lui suffisent, parce qu'elles suffisent à î'acte idéal de la contemplation. — On comprend aussi pourquoi on ne dit pas de belles odeurs, de belles saveurs, mais de belles couleurs, de beaux sons ; c'est que dans le premier cas l'élément représentatif est presque nul, tandis que dans le second il est prédominant (Ps. 28, B).

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