LE BEAU, LE GRACIEUX, LE JOLI
A) Gracieux (i) : la grâce appartient surtout aux mouvements et au maintien qui, pour être gracieux, ne doivent avoir aucune raideur. Il se distingue du beau, parce que la puissance en est absente ; la puissance est remplacée par l'aisance, la souplesse, la facilité. La Fontaine a dit de la grâce : La grâce plus belle que la beauté, voulant sans doute dire que la grâce a un charme plus pénétrant. Elle se rapproche du joU.
B) Joli ou charmant : il a de commun, avec le beau, V ordre ; mais il s'en distingue parce qu'il n'a pas la puissance complète, pleinement développée. Un être joli est un être faible encore, en voie de formation, mais se développant et tendant vers sa perfection relative, d'une façon conforme à tout l'ordre de sa nature ; vg. l'enfant (2), le lionceau, le bouton de rose, l'arbuste, par rapport à l'homme fait, au lion dans toute sa force, à la rose épanouie, à l'arbre séculaire. C'est encore l'être de petite dimension par rapport à d'autres êtres du même genre : vg. colline, lac, rivière, comparativement à la montagne, à la mer, au fleuve. On ne dira pas de l'Océan que c'est une jolie mer, du Mont-Blanc que c'est une
( M Schiller, De la Grâce et de la Dignité. — C. Martha, De la Délicatesse dans l'art. — P. SouBiAU. L'Esthétique du Mouvement, III» P., Ch. i, § 3.
{') M. DE LA SizEHANNE, L'Esthétique de l'Enfance au PctU-Palais, Revue des Deux Mondes, 1901, T. IV.^p. 160 et suiv.