B. — EFFETS MORALISATEURS DE U ART
1. — Il détache Vâme des préoccupations égoïstes, parce que l'émotion esthétique est désintéressée (1, § III).
IL — // élève Vâme en lui communiquant les nobles sentiments et les grandes idées qu'il exprime : admirer, c'est presque imiter. L'art étant la manifestation d'une activité puissante et ordonnée, sa vue provoque dans l'âme une activité semblable qui l'embellit. Parfois même le corps prend une attitude pius digne. « Quand je suis en présence d'un chef-d'œuvre, j'éprouve le besoin de mettre mon âme à l'unisson ( ^). »
III. — // nous fait monter du spectacle des beautés créées au Principe (le toute beauté, à VIdéal suprême, à Dieu. L'artiste est une âme puissante, mais ordonnée, « qui, en se montrant elle-même, en montrant à travers elle-même les objets de sa pensée, nous mène par le vrai et le beau jusqu'au bien, terme obligé de toute activité libre. Voilà le rôle
( M Pour atteindre ce but l'art dispose de trois moyens : la leçon directe, la thèse, l'impression. Cf. LoNGHAYE, Théoi-ie.... L. I, Ch. iv, § 4.
( ') Ch. Blanc, Grammaire des Arts du dessin : Principes, § III, p. 16, Paris, 1888'. — Sur le pouvoir assimilant du beau. Cf. Longhaye, Théorie des BeUes-Lettres, L. I, Ch. m, § V.
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que lui indique la raison et que Dieu lui impose : nous n'en savons pas qui puisse lui faire plus d'honneur » (^). C'est alors surtout que sera vérifiée la définition du beau donnée par Brizeux :
Le beau c'est vers le bien un sentier radieux.