‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 367 sur 604 · B. — APERÇU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

B. — APERÇU HISTORIQUE

Les Sophistes grecs, les Protagoras, les Gorgias, les Critias, les HippiAS, etc., étaient des rhéteurs habiles, qui soutenaient indifféremment le pour ou le contre sur chaque question, par intérêt ou par dilettantisme. Cette indifférence à l'égard de la vérité favorisait le doute : la Sophistique fraya le chemin au Scepticisme,

Les Sceptiques reconnaissent pour leur maître Pyrrhon (vers 365- 275 avant J.-C), né à Élis. Après lui, le Scepticisme eut pour principaux représentants : tEnésidème (probablement du i^"^ siècle avant J.-C), qui composa, entre autres ouvrages, les UuppoJveiot Xoyot {Discours Pyrrhoniens) et ramena à dix les raisons de suspendre le jugement (Aexa TcoTTot t^,ç Itzo/%^) ; — Agrippa (peut-être enseigna-t-il vers la fin du i^'^ siècle après J.-C. et au commencement du second), qui les réduisit à cinq ; — Sextus Empiricus (vers le milieu du m® siècle après J.-C), médecin, qui écrivit notamment les riupptovsiot uttotutccWeiî {Hypoty poses Pyrrhoniennes) et llpb; [xaO-oaaTtxou; {Contre les Mathématiciens) {^).

Le Scepticisme, inconnu au Moyen Age, reparaît, parmi les modernes, avec Montaigne, dont le scepticisme est plutôt une boutade littéraire qu'une doctrine réfléchie, Pierre Charron, La Mothe Le Vayer, Bayle.

Pour Pascal, Huet, La Mennais, leur Scepticisme est plutôt une arme de controverse et un moyen apologétique pour rabattre la « superbe » de la raison humaine qu'ils veulent ramener à la foi.

De notre temps, le Scepticisme proprement dit n'a plus de partisans. Les philosophes, qui rejettent la valeur de la raison humaine, ont adopté une attitude plus spécieuse, dont VIdéalisme et le Relativisme sont l'expression subtile.

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