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LA CAUSE EXEMPLAIRE

Nous avons énuméré quatre sortes de causes : matérielle, formelle, efficiente, finale. Il semble que cette énumération n'est pas complète. Prenons comme exemple Michel- Ange sculptant son Moïse pour orner le tombeau de Jules II. Le désir de faire un chef-d'œuvre est la cause finale qui pousse l'artiste à sculpter ; Michel- Ange est la cause efficiente principale, le ciseau dont il se sert est la cause efficiente instrumentale ; le marbre est la cause matérielle ; le principe constitutif des propriétés du marbre est la forme substantielle ; la représentation de Moïse est la forme accidentelle. Est-ce tout ? Il semble que non. L'artiste ne sculpte pas au hasard, son activité est dirigée par une idée, un type, qu'il veut reproduire sous une forme sensible. Cette idée est une vraie cause, car elle influe positivement sur l'exécution de la statue. On l'appelle cause exemplaire (du mot latin exemplar, qui signifie modèle). Ne constitue-t-elle pas une cinquième espèce de cause ? Non, car on peut la ramener à l'une des quatre causes connues. Ce n'est pas 'à la cause finale, parce que la fin est ce pour quoi l'agent produit quelque chose, tandis que la cause exemplaire est ce à'après quoi l'artiste réalise une oeuvre d'art. , Ce n'est pas aux causes matérielle et formelle, parce que ces causes sont ii intrinsèques à leur effet, tandis que la cause exemplaire, qui existe dans ' l'intelligence de l'artiste, est extrinsèque à l'œuvre produite par lui, sous son influence. Reste la cause efficiente, à laquelle elle se rattache comme son complément nécessaire, parce que, sans une idée directrice, l'artiste ne saurait rien exécuter.

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