‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 482 sur 604 · SCIENCE ET SAGESSE DE DIEU · texte numérisé non relu

SCIENCE ET SAGESSE DE DIEU

s'étend nécessairement à tout ce qui est intelligible. Autrement, elle serait impuissante, incapable, donc imparfaite.

Objection : Aristote prétend que Dieu est la pensée qui se pense et qu'il ne connaît que lui-même. La pensée divine ignore le monde. Elle en est cependant la Providence, parce que le monde connaît Dieu et est attiré vers lui par le charme irrésistible de ses perfections. La raison alléguée par le Stagirite, c'est qu'il est indigne de Dieu de connaître les êtres inférieurs : la relation de cet univers imparfait à son intelligence serait une souillure.

Réponse : a) Sans relever cette contradiction étrange d'une Providence aveugle s'exerçant sans le savoir sur un monde qu'elle ignore, il suffit de remarquer que, si Dieu ne sait pas tout, sa science est limitée, en désaccord par conséquent avec sa perfection infinie.

b) La raison invoquée par Aristote est sans valeur : est-ce que la connaissance d'imperfections, existant en dehors de nous, nous rend imparfaits ? *

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