‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 483 sur 604 · II. — REMARQUES SUR LA SCIENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

II. — REMARQUES SUR LA SCIENCE DE DIEU

A. — Noms divers de la science divine : dans la terminologie scolastique on appelle : Science : a) de simple intelligence : la connaissance des possibles ; — b) de vision : la connaissance des êtres existants ; — c) moyenne : la connaissance des futurs conditionnels. Elle est dite moyenne, parce que son objet tient le milieu entre les purs possibles et les futurs absolus ou sans condition. En effet les futurs conditionnels participent des possibles, en tant qu'ils n'existeront pas ; ils participent des futurs absolus, en tant qu'ils seraient, si la condition était posée (^).

Prenons, comme exemple, le reniement de l'apôtre Pierre :

a) Pierre interrogé par une servante peut renier ou ne pas renier son Maître. {Science de simple intelligence.)

b) Si Pierre est interrogé par une servante, il reniera son Maître. {Science moyenne.)

c) Pierre sera interrogé par une servante et il reniera son Maître. {Science de pisiori.)

B. — Rôle de l'essence divine dans la connaissance : l'essence divine est Tunique moyen dans lequel et par lequel Dieu connaît toute chose, car si rititelligence divine avait besoin, comme la nôtre, d'être déterminée par des intermédiaires, elle serait dépendante et, partant, imparfaite.

L'essence divine contient éminemment toutes les perfections concevables. C'est pourquoi, en contemplant cette essence infiniment parfaite,

(M Palmikri, InsiituHones philosophicœ, T. III, Th. XXX, Nota, p. 198.

l'intellect divin voit toutes les manières dont elle est indéfiniment imitable. Ces divers degrés d'imitabilité, auxquels correspondent autant de degrés d'être ou de perfection, constituent l'ensemble des possibles, des futuribles, des futurs nécessaires et des futurs libres. Dieu est la cause exemplaire des possibles et des futuribles, en tant que l'intellect divin perçoit distinctement toutes les perfections dont son essence est le fondement virtuel. Il est la cause exemplaire des futurs nécessaires et des futurs libres (qui doivent exister), en tant que la volonté divine décrète l'existence de tel ordre de futuribles qui, de futurs conditionnels, deviennent futurs absolus. "^

L'essence divine est donc bien le moyen unique dans lequel et par lequel Dieu connaît toute chose : elle est le moyen de connaissance des possibles et des futuribles, en tant qu'elle est considérée comme affectée de Vidée divine, représentant les différentes imitabilités ; elle est le moyen de connaissance des futurs, en tant qu'elle est considérée comme affectée du décret librement créateur, en vertu duquel la volonté divine choisit telle catégorie de futuribles pour les faire passer de la possibilité à la réalité.

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