‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 484 sur 604 · III. — SAGESSE · texte numérisé non relu

III. — SAGESSE

La Sagesse consiste à atteindre, par l'emploi des moyens les plus propres, des fins excellentes. C'est une qualité qui est nécessairement impliquée dans le concept d'une intelligence droite. Dieu étant infiniment intelligent est donc infiniment sage.

La science divine, immuable en elle-même, prend différents noms, comme on l'a vu (81, II, A), selon les objets auxquels elle s'applique (*■).

La science de simple intelligence et la science de vision sont admises sans contestation, parce que la vérité des essences possibles et des êtres existants est en elle-même parfaitement déterminée ; il est clair que Dieu infiniment parfait ne peut manquer de la connaître. Voilà pour le fait. Quant à la manière dont Dieu connaît les possibles et les êtres existants, on la conçoit encore assez facilement. Dieu, avant tout décret de sa volonté, connaît les possibles dans son essence en tant qu'elle est la perfection infinie indéfiniment imitable par des perfections finies. Quant aux choses existantes produites par Lui seul ou au moyen des

(') Crinsidi^rée en Lui, la science de Dieu est évidemment une, puisque les perfections de Dieu s'identifient avec son essence. C'est par rapport au terme objectif de cette science que l'on distingue, pour la clarté de l'exposition, plusieurs sciences.

causes nécessaires, Dieu les connaît dans son essence en tant qu'elle est identifiée avec le décret éternel de la volonté divine produisant ces choses dans le cours du temps.

Il n'en va pas de même de l'existence de la science moyenne, ni surtout de la manière dont Dieu connaît dans son essence les actes libres futurs des créatures, soit absolus (qui seront un jour), soit conditionnels (qui seraient, si telle condition était posée). Dans l'explication de ce mode de connaissance il y a, parmi*les Scolasti|ques, une grande divergence d'opinions.

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