‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 488 sur 604 · B. AMOUR, BONTÉ, VÉRACITÉ · texte numérisé non relu

B. AMOUR, BONTÉ, VÉRACITÉ

A) — L'homme n'est pas seulement un être doué d'intelligence, mais de sensibilité ; non seulement il pense, mais il aime. L'amour humain est une tendance instinctive qui nous pousse vers un bien connu. Il est souvent imparfait, s'aveugle et s'égare. Alors même qu'il reste dans l'ordre, il est toujours mélangé de crainte et d'espérance. Mais, en soi, l'amour est une perfection, car c'est un mouvement de l'àme qui la porte à s'unir au bien. Éliminons les misères qui le déparent et les limites qui le bornent dans l'homme, et ainsi épuré attribuons-le à Dieu.

Dieu s'aime d'abord lui-même : étant le bien infini et se connaissant comme tel, il s'aime nécessairement d'un amour adéquat à son objet, d'un amour infini. L'intelligence et l'amour s'appellent. De même que Dieu a une intelligence où la vérité est éternellement comprise, ainsi il a une volonté où le bien est souverainement aimé. Bien plus, pour parler exactement, c(^mme en Dieu les perfections ne se distinguent pas de son essence, mais constituent son essence même toujours en acte, il faut dire que Dieu est l'amour parfait, comme il est la science infinie.

Dieu en contemplant son essence connaît en elle toute chose ; de même en s'aimant il aime tous les êtres en lui-même et pour lui-même.

( ') Res est omnino difficilis et fortasse in hac vita incomprehensibilis, qua ratione Deus futura pra?noscat. (Bellarmin, Conlrov. de Gralia..., L. IV, C. xv, § Sexlum Argumenlum... Respondeo).

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