III. — La doctrine de l'autonomie de la volonté
10 Ruine l'autorité de la loi morale. — Comment la volonté, étant essentiellement changeante, pourrait-elle édicter une loi immuable ? Comment un être, qui s'impose d'agir de telle ou telle façon, serait-il lié par cet ordre émané de lui ? Après cet ordre, ou il n'est plus libre, et alors il n'y a plus de moralité ; ou il le demeure ; il peut par conséquent prendre une décision contraire et se délier de sa première obligation ; alors que devient le caractère absolu, catégorique du devoir ? Il faut donc que l'oiiligation ait un principe extérieur et supérieur à la volonté.
20 Compromet l'universalité de la loi morale. — Si chaque volonté est autonome, pourquoi la loi morale serait-elle identique pour tous les hommes ? Une loi, qui dépend de la volonté libre, peut changer avec chaque volonté. On dira peut-être que Kant entend assigner comme fondement du devoir la volonté en tant qu'elle est la même chez tous les liommcs. Soit. Mais la volonté a précisément chez tous les hommes ceci de commun qu'elle est libre. Dans ce cas, il faut convenir