MORALE DU BIEN RATIONNEL
que c'est la raison, faculté fatale, partout la même, cfui montre à chaque volonté humaine la règle du devoir. Mais c'est chercher le fondement de l'obhgation en dehors de la volonté et par conséquent sortir du système de Kant.
IV. — La première formule n'est que partiellement vraie. Il faut dire avec Kant que l'homme ne peut être pour l'homme un simple moyen. Mais on ne peut lui accorder que la personne humaine est une fin en soi, une fin absolue. Elle n'est qu'une fin relative, car l'homme est subordonné à Dieu, seule fin dernière et suprême.
La deuxième formule n'ajoute rien d'essentiel à la première en ce qui concerne la détermination des devoirs ; inutile de s'y arrêter.
La troisième formule est vraie ; mais elle n'appartient pas en propre à la morale kantienne. De plus, elle est inconciliable avec le formalisme de Kant. En effet, pour savoir quelles actions peuvent être érigées en lois universelles, Kant fait entrer en ligne de compte l'intérêt général ou particulier et alors, comme le lui reproche Schopenhauer, il raisonne comme un vulgaire utilitaire. — Ensuite, comme nous l'avons noté, prendre V universalité rationnelle comme critérium moral, c'est sortir de la considération de la forme pure pour envisager un bien antérieur au devoir.
La quatrième formule n'est pas spéciale à la morale kantienne.
Conclusion : on peut donc dire que la morale kantienne « pèche par la façon dont Kant tire ses conséquences de ses principes. Elle pèche encore, elle pèche surtout par ses principes eux-mêmes » (^).