B. — TRAITEMENT DES PASSIONS
La « thérapeutique morale » variera selon la nature même des passions ; si elles sont :
I. — Mauvaises : il faut : A) Les prévenir : on s'efforcera de les empêcher de naître :
1° En dirigeant bien le cours des inclinations bonnes.
2o En développant fortement, dès l'enfance, les incHnations généreuses (pai' le travail, les relations honnêtes, les habitudes morales, etc.) qui absorberont l'activité de l'âme.
3° En combattant vigoureusement leurs premières manifestations :
Principiis ohsta : scro medicina paralur
Cum mala per longas invaluere inoras. (Ovide).
B) Il faut les apaiser, si elles se sont développées ; on y arrive :
a) Directement : par le raisonnement, le ridicule, quand, dans les moments de calme, on réfléchit sur les conséquences des passions.
b) Indirectement : 1° En faisant diversion et non en attaquant la passion de front. Il en est de la passion, surtout en cas de crise violente, comme d'une rivière « qu'on peut plus aisément détourner que l'arrêter de droit fd (i) » .
2° En éloignant les objets qui alimentent la passion : on lui coupe les vivres.
30 En substituant une passion innocente à une passion coupable.
II. — Bonnes : il faut les entretenir et les développer en favorisant les incHnations dont elles découlent. Même les meilleures ont besoin d'être dirigées par la raison et modérées par la volonté, parce qu'elles sont susceptibles d'écart et d'excès : vg. l'amour maternel peut dégénérer en aveuglement, l'amour de la patrie en chauvinisme.