ROLE DE LA DOULEUR
IV. — Un moyen d'intéresser plus complètement l'être à sa destinée et à sa tâche : vg. le plaisir de la nourriture nous porte à réparer nos forces, la satisfaction morale du devoir accompli nous engage à pratiquer la vertu. Si la nourriture était toujours insipide ou la vertu toujours sans charme, le courage nous manquerait à la peine. Quand on est indisposé, sans appétit, on se force, comme on dit, à manger ; on mange par raison ; si cet état durait longtemps, l'on dépérirait vite. De même au moral, de même pour la science. Mais, c'est un moyen dangereux, car il est facile de rechercher le plaisir pour lui-même, de le transformer de moyen en fin, au lieu de l'attendre comme l'effet et la récompense du bien accompli : c'est ainsi que se pervertit l'inclination (58, § I, 5°).
Conclusion ; le plaisir est un guide nécessaire, mais non infaillible : il doit donc lui-même être dirigé par la raison et maîtrisé par la volonté.