A. — POSITION DE LA QUESTION
La conscience est susceptible d'un grand nombre de degrés ; les phénomènes psychologiques peuvent être plus ou moins conscients :
(M a La première (la conscience spontanée) ne peut être dite une faculté de l'iatelligence, puisqu'elle est aussi bien un élément essentiel du sentiment ou de l'effort que de la pensée ; la seconde au contraire (la conscience réfléchie) est un pouvoir de l'esprit humain qui n'est pas nécessaire à chacun de ses actes, et qui est intermittent chez beaucoup d'hommes. » (E. Charles, Psychologie, chap. x, § 1.)
j'ai une conscience nette de la pensée que j'exprime ; j'ai à peine conscience du bruit de la rue quand j'étudie.
Leibniz (^) distingue des états de conscience : 1° Clairs et distincts : ceux que l'on distingue les uns des autres et dont on peut dire par quoi ils se distinguent.
20 Clairs et confus : ceux que l'on distingue les uns des autres, mais sans savoir par quoi ils se distinguent.
30 Sourds : ce sont les états élémentaires qui composent les états confus : vg. chaque parole dont est composée la rumeur d'une foule.
4° Plus que sourds : ceux dont le raisonnement seul nous prouve l'existence.
Mais alors on s'est demandé s'il ne pourrait pas y avoir des phénomènes psychologiques absolument inconscients : dans ce cas la conscience, loin d'être Vessence des faits internes, n'en serait plus qu'un caractère accidentel, accessoire : elle ne serait plus qu'un épiphénomène. C'est la thèse des partisans de V inconscience, soutenue par vg. Taine, Lotze, WuNDT, ScHOPENHAUER (^) qui donue pour principe au monde une « Volonté inconsciente », — Hartmann (^) qui adjoint à cette volonté une « Idée inconsciente ». On l'attribue aussi à Leibniz, Kant, Maine DE BiRAN ; mais il est probable qu'ils entendaient par faits inconscients des faits de sourde conscience.