IV. — UIMAGINATION DANS SES RAPPORTS AVEC L ORGANISME
C'est un fait d'expérience que la représentation d'un mouvement détermine dans les organes une tendance à exécuter ce mouvement et le fait au moins ébaucher spontanément {}) : vg. en parlant d'une rixe on
(') a. Fouillée, Psychologie des idées-forces. — Bain, Les êmolions et la volonté. — Cf. FoNSESRiTE, Psychologie, Leçon 8«'.
234 l'imagination et l'organisme (124)
est porté à figurer par ses gestes les coups que se donnent les combattants.
De là on a inféré la loi dynamique des images : Toute image d'un mouvement est liée à une tendance à réaliser ce mouvement ; ou, d'une façon plus générale : Toute image, toute idée tend à sa réalisation. La sensation éveille par association une foule d'images motrices qui tendent à se réaliser.
Deux cas peuvent se présenter : 1° Si la sensation n'excite qu'une seule image motrice, cette image se réalisera nécessairement. C'est le cas de l'idée fixe, de la suggestion hypnotique. — 2° Plusieurs images occupent le champ de la conscience ; diverses hypothèses sont possibles : a) les images peuvent se coordonner et se réahser successivement dans une même action : alors l'action s'accomplit ; — b) elles ne le peuvent pas, parce qu'elles se contrarient (vg. vouloir aller à cheval, à la pêche, à la chasse, rester chez soi) : alors elles s'organisent en groupes et c'est le groupe le plus fort qui l'emporte ; — c) si les différents groupes se font exactement équilibre, alors on n'agit pas. — Nous parlons ici en faisant abstraction de l'intervention de la raison et de la liberté qui peuvent céder à l'effet moteur des images ou le diriger. « En dehors de la raison et de la liberté, toutes les fois que l'action se réalise sans une délibération raisonnée et réfléchie, la force déterminante qui fait qu'un groupe d'images se réalise est le plaisir plus grand que ce groupe est capable de nous procurer. » (Fonsegrive.)
De son côté, V organisme agit sur l'imagination : tout ce qui excite le système nerveux augmente la vivacité des images et quelquefois amène leur incohérence : vg. hqueurs alcoohques, etc. (238).
Remarque : on appelle états primaires ou états forts les états originaux et primitifs de la conscience (sensations, sentiments) ; états secondaires ou états faibles les souvenirs, par qui revivent les états primitifs. — Reid et Garnier soutiennent qu'il y a entre ces deux sortes d'états une différence de nature. Mais, en réalité, comme le prétendent les psychologues anglais, il n'y a qu'' une aifférence de degré, de plus ou de moins. En effet : a) le souvenir produit parfois le même résultat que l'état primaire : vg. la pensée d'une odeur nauséabonde peut faire vomir ; — 6) la confusion entre ces deux sortes d'états a lieu quand la vivacité du souvenir est excessivement accrue : vg. dans l'hallucination (^).
C) Rabier, Psychologie, ch. xiv, § 2. — Maudsley, La Physiologie de l'esprit.
(124) l'imagination 235
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SECTION III