VI. — Comparaison entre l'idée universelle et la générale
1^ L'idée générale ne convient qu'à certaines catégories, classes d'objets : vg. l'idée d'homme, d'animal ; — l'universelle convient à tous les objets : vg. tout a de Vêtre, de V unité, une raison d'être, ime cause, une fin, une loi.
2o Les idées générales, pour la plupart, sont le fruit de laborieux efforts, et quelquefois le temps, amenant de nouvelles recherches, peut les modifier. Le progrès des sciences montre que c'est peu à peu, par des expériences multiples, qu'on s'est élevé aux idées générales, aux classifications et aux lois. Des modifications ont été aussi introduites à la suite d'études plus approfondies : tels êtres qui semblaient appartenir à telle classe ont été transportés dans une classe différente. — ■ Les idées universelles s'imposent à notre esprit par leur évidence immédiate. Aussi, quand elles nous apparaissent pour la première fois, il nous semble que nous les connaissons depuis longtemps. Elles sont, conséquemment, immuables ; c'est à "peine si on a introduit quelques changements dans leur définition.
3° Les idées générales sont l'apanage d'une élite : combien d'esprits sont étrangers aux idées de lois, de genres, d'espèces ? — Les idées uni-
(M 0 Manifestum videtur omnes conceptus singulares quos habemus continere aliquera conceptum universalem qui aliquo modo determinatur ad singulare. » (D. PALMiERr, Anthropologia, p. 494.)
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verselles sont nécessairement dans toute intelligence ; elles sont communes à tous les hommes. Sans doute, sous leur forme abstraite et réfléchie, elles ne sont accessibles qu'aux esprits cultivés. Mais tous les hommes les comprennent et les appliquent spontanément : vg. l'enfant et le sauvage savent parfaitement ce qu'est une cause, une fin, etc., bien qu'ils soient incapables de les définir.