‹ Traité de philosophieChapitre 320 sur 921 · B. — THÉORIE CARTÉSIENNE · texte numérisé non relu

B. — THÉORIE CARTÉSIENNE

Volonté : Descartes (^) et quelques cartésiens, en particulier Malebranche (2), voient dans la croyance ou jugement un acte de la volonté : « Par l'entendement seul, dit Descartes, je n'assure ni ne nie aucune chose, mais je conçois seulement les idées des choses que je puis assurer ou nier. » L'intelHgence ne fait que proposer les idées ; c'est la volonté qui les accepte et qui juge. Croire, c'est donc donner ou refuser son assentiment à une synthèse d'idées seulement proposée, mais non imposée par l'entendement. Cet assentiment est libre. L'erreur provient de la disproportion entre l'entendement et la volonté. La volonté est sans bornes, puisque nous pouvons toujours vouloir ou ne pas vouloir, affirmer ou nier. L'entendement, au contraire, est limité. Nous jugeons au delà de ce que nous voyons : voilà pourquoi nous nous trompons. On ne se tromperait jamais si on bornait ses affirmations aux idées claires et distinctes {^).

Critique : I. — Cette théorie confond l'acquiescement de l'intel-

(M Méditations, iv", § 7.

(') Recherche de la vérité, L. I,cli.II,§ 1: «C'est la volonté seule qui juge véritablement en acquiesçant à ce que l'entendement lui représente et en s'y reposant volontairement et qu'ainsi c'est elle seule qui nous jette dans l'erreur. »

(') <> D'où est-ce donc que naissent mes erreurs ? C'est à savoir de cela seul que la volonté étant beaucoup plus ample et plus étendue que l'entendement, je ne la contiens pas dans les limites, mais je l'étends aussi aux choses que je n'entends pas ; auxquelles étant de soi indifférente, elle s'égare fort aisément à choisir le faux pour le vrai et le mal pour le bien : ce qui fait que je me trompe et que je pèche. » (4« Mêdilation, § 9.)

Page 1