‹ Traité de philosophieChapitre 413 sur 921 · ERREURS OPPOSÉES A LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

ERREURS OPPOSÉES A LA LIBERTÉ

déterminé à agir ? Comment peut-on s'engager à faire ce qu'on ne peut exécuter ? A quoi bon l'aire des lois pour qui n'est pas capable d'y obéir ? etc. T/existence de ces faits suppose donc la liberté.

Critique : c'est bien là l'interprétation naturelle et générale de ces faits. Mais cette interprétation ne vaut que comme indice de la croyance universelle à la liberté. Il ne faut donc pas les séparer de cette preuve (§ B). Pris séparément ils n'ont pas de valeur contre un déterministe. Les lois, répond-il, les contrats, les promesses, les prières, etc. deviennent autant de motifs d'agir et gardent par conséquent, même sans la liberté, leur raison d'être vis-à-vis de celui qui est nécessairement déterminé à agir par le motif le plus fort. On modifie l'elïet des causes fatales en modifiant ses causes : vg. on peut changer le cours d'un fleuve en lui créant un nouveau lit. De même en employant les prières, etc., on renforce les motifs d'agir dans un sens plus que dans un autre, et finalement la volonté est déterminée dans ce sens.

Comme ces faits d'ordre moral peuvent, dans une certaine mesure, s'expliquer sans recourir à la liberté, nous rejetons comme insuffisante la preuve qu'on a parfois voulu en tirer, pour nous en tenir aux arguments décisifs apportés plus haut.

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