‹ Traité de philosophieChapitre 426 sur 921 · CONDITIONS, DEGRÉS, LIMITES DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

CONDITIONS, DEGRÉS, LIMITES DE LA LIBERTÉ

B) C'est, qu'en effet, la balance est inerte : elle n'a aucune influence sur les poids. La volonté, au contraire, est une force vivante et active : elle modifie les motifs. Au cours de la délibération, ils peuvent s'affaiblir ou se renforcer selon l'intervention de la volonté, qui peut commander ou empêcher la réflexion, de sorte que celui qui paraissait d'abord le plus léger finit par l'emporter.

« On abuse de la comparaison de la balance : les poids ce sont les motifs ; la balance, dit-on, c'est la volonté. Mais non. Messieurs, la volonté n'est pas passive ; elle ne réagit pas seulement, elle agit. Quand les motifs changent, elle est pour quelque chose dans le changement. Les motifs se présentaient avec la variété de leurs attraits : la volonté en choisit un, elle le préfère, elle tire d'elle-même cette préférence. Voici un homme violemment tenté : le plaisir le solhcite, les sens s'émeuvent, la passion gronde ; il va succomber. Tout à coup la volonté se ressaisit, elle domine l'orage, elle donne gain de cause au devoir. — C'est, direz-vous, parce que l'idéal moral lui est apparu. — Et moi, je réponds : il est apparu parce qu'elle l'a suscité {}). »

Page 1