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NÉCESSITÉ ET LIBERTÉ

d) La volonté dépend encore de ses déterminations antérieures, des habitudes qu'elle a contractées. Ces influences variées collaborent avec notre volonté et constituent la « solidarité morale ».

Conclusion : Sercitude ou Liberté. Chacun peut travailler à devenir de plus en plus hbre ou bien peut amoindrir sa liberté, selon qu'il favorise ou qu'il contrarie ce qui en facilite le développement. Les moyens les plus efficaces pour fortifier le libre arbitre, c'est d'abord de perfectionner en nous la réflexion qui nous montrera de plus en plus la beauté du devoir et fera resplendir davantage l'idéal moral que nous devons atteindre ; c'est aussi de maîtriser la sensibihté, les passions, qui offusquent la raison et solhcitent la volonté au plaisir ; c'est enfin de tremper la volonté en l'habituant à la lutte.

Celui qui suit fidèlement la ligne du devoir arrive à la liberté de perfection ; celui qui descend persévéramment la pente du vice tombe dans l'esclavage. Remphr son devoir, c'est se conformer à la raison ; s'adonner au vice, c'est s'abandonner à l'action du corps et des passions. Or la raison, avec les inchnations supérieures au vrai, au bien et au beau, est proprëhient ce qui fait l'homme. Au contraire les passions basses et le corps, qui s'en fait l'instrument, sont quelque chose d'opposé à l'ordre et à la raison, par conséquent quelque chose d'étranger à la nature raisonnable et ordonnée de l'âme. C'est pourquoi, en obéissant à la raison, on se possède soi-même ; on devient de plus en plus indépendant des influences passionnelles ; on règne et l'on gouverne ses penchants inférieurs. Inversement, servir ses passions c'est aliéner sa liberté, c'est se mettre à la merci des impressions extérieures, c'est se réduire en servitude, la pire de toutes, parce qu'on en forge soi-même la chaîne et qu'on la serre chaque jour davantage. Leibniz a fort bien exprimé cette doctrine quand il a dit : Eo magis est libertas, quo magis agitur ex raiione ; €0 magis est seivitus, quo magis agitur ex animi passionibus. Nam quatenus agitur ex ratione^ eo magis sequimur perfectionem nostras naturee ; quo vero magis ex passionibus agimus, eo magis servimus potentise rerum extranearum (^), Ce que l'on pourrait traduire par ces fortes paroles de Mgr d'Hulst : « Chacun est hbre dans la mesure où il s'est volontairement affranchi ; et dans cette même mesure il est homme {^). »

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