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APHORISMES DE CONDILLAC

IL — Une langue spéciale, c'est-à-dire relativement universelle, faite pour l'écriture plutôt que pour la parole : vg. diplomatique^ scientifique, commerciale. C'est possible théoriquement et pratiquement. Le latin a été longtemps la langue des savants ; le français était jusqu'à ces derniers temps la langue diplomatique. Les chiffres et les signes algébriques sont une langue artificielle qui, bien que prononcée diversement par chaque peuple, exprime pourtant les mêmes idées. Un ^\llemand (1881) a imaginé une langue universelle commerciale, qu'on appelle le volapiik. Des tentatives nouvelles ont été faites sous les noms A^ Espéranto et d^Ido. Leibniz forma, sans le réahser, le projet de constituer une langue universelle (^).

Conditions : Leibniz a du moins montré que, pour inventer une pareille langue, il faudrait d'abord déterminer par l'analyse tous les concepts élémentaires, qui entrent dans les concepts composés et fixer les lois de leurs combinaisons {^). Il faudrait ensuite imaginer des signes d'une valeur absolue pour exprimer ces concepts élémentaires et leurs combinaisons.

Ces signes, d'après Condillag (^), devraient être :

1° Simples et peu nombreux.

2° Avoir un sens rigoureusement déterminé.

3° Être composés d'après les lois de l'analogie.

L'effort réuni des plus grands philosophes pourrait seul mener à terme une pareille entreprise.

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