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NATURE DE L'ANIMAL

On a proposé divers systèmes sur la nature de l'animal. Voici d'abord deux théories extrêmes, que nous avons déjà exposées et réfutées : I. — L'animal a une âme raisonnable : c'est l'idée de Plutarque.

(M J. Sully, Études sur l'enfance. — Preyer, L'âme de l'enfant. — ■ Pérez, Les trois premières années de l'enfance ; L'éducation morale dès le berceau ; L'éducation intellectuelle dès le berceau ; La poésie chez l'enfant. -^— Compayré, L'évolution intellectuelle et morale de l'enfant. — E. Egger, Observations et réflexions sur le développement de l'intelligence et du langage chez l'enfant. — Maillet, Psychologie de l'hom^ne et de l'enfant. — - Nicolay, Les enfants inal élevés.

(-) LoMBROSO, L'homme criminel. — • Garofalo, La criminologie. — A. Guillot, Les prisons de Paris. — H. Joly, Le Crime ; La France criminelle. — Maudsley, Le crime et la folie. — L. Proal, Le crime et la peine. — La criminalité politique. — Sighele, La foule criminelle.

(') LoMBROSO, L'homme de génie. — H. Joly, Psychologie des saints ; Psychologie des grands hommes. — Paulhan, Les (ypes intellectuels ; Esprits logiques et esprits faux. — Ch. Benoist, Le prince de Bismarck ; Psychologie de l'homme fort. — E. Hello, Physionomies des saints.

(♦) P. Allard, Les esclaves chrétiens. — De Montmorand, La société française contemporaine.

{') P. DE CouBERTiN, Psychologie du sport, Revue des Deux Mondes, i" juillet 1900. — ■ Monographies, par Le Play et son École.

(') Fouillée, Psychologie du peuple français ; La France au point de vue m.oral. — Ed. DE Nevers, L'âme américaine. — Cf. Brunetière, Revue des Deux Mondes, l»"' décembre 1900, p. 664-702.

(') Fouillée, Races latines. Revue des Deux Mondes, 1" décembre 1899. — Brunetière, Discours de combat Sér. i : Le génie latin. — L. Roure, Problèmes el doctrines, ch. xv. — Demolins, La supériorité des Anglo-Saxons.

(') Fustel de Coulanges, La cité antique. — G. Kurth, Origines de la civilisation moderne.

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de MoNTAio'E (^), de Rorarius, etc. (56, I), de Darwin (2), de Spencer (^), etc.

II. — L'animal est une machine, un automate perfectionné. C'est l'opinion de Descartes (*) (56. II).

III. — L'animal a une âme sensitive : c'est-à-dire que l'animal est capable de sentir et de produire les opérations intellectuelles qu'on nomme seîisitives. Cette troisième opinion, qui est celle d'AniSTOTE, de saint Thomas, de Bossuet (^), de Leibniz (^), etc. est seule capable de bien expliquer les faits. On remarque, en effet, chez l'animal, des manifestations :

10 De sensibilité : vg. le chien battu ou caressé montre sa joie ou sa douleur.

2' D'intelligence : (') l'animal fait preuve, par ses actes, qu'il possède les opérations sensitives, inférieures, de l'intelligence (65) : conscience spontanée, perception externe, mémoire sensible, association, imagination reproductrice.

Mais l'animal n'a pas la faculté de percevoir les rapports, d'abstraire, de généraliser, de juger, de raisonner, c'est-à-dire qu'il est incapable des opérations proprement intellectuelles. N'ayant pas l'intelligence proprement dite, il ne saurait avoir la raison qui est la faculté de l'absolu, du nécessaire et de l'universel, la faculté de comprendre l'essence des choses, comme on l'a montré en parlant de Vinstinct qui dirige l'animal (54-56). « Les bêtes sont purement empiriques... Les consécutions des bêtes ne sont qu'une ombre du raisonnement, c'est-à-dire ce ne sont que connexions d'imagination et que passages d'une image à une autre... (^).

N'étant pas doué de raison, l'animal ne peut avoir la volonté hbre qui en est la conséquence. La prédominance d'un désir sur les autres n'est chez lui, qui est mené par l'instinct, qu'une apparence de détermination volontaire, comme la consécution des images est une imitation du raisonnement.

L'àme de l'animal est simple, immatérielle, mais elle n'est pas spirituelle, puisqu'elle est privée de la conscience réfléchie, de la raison

(M Montaigne, Essais, L. II, ch. xn, t. II. p. 158 sqq. Édit. F. Strowski, Bordeaux, 1909,

(-) Darwin, La descendance de l'homme.

(') Spencer, Principes de Psychologie, T. I, Part. IV.

(*) Descartes, Première Lettre à Henri Morus, § 5. — Disc, de la Méthode, \' P.

(*) Bossuet, De la connaissance de Dieu et de soi-m.ême, ch. v.

(*) Leibniz, iVouceaux essais sur reniendemeni humain, Préface, p. 16, 17. (Édit. Janet). L. II, ch. XI, § 10-11.

(') Les ScoLASTiQUES, Bossuet etc. refusent à l'animal l'intelligence, parce qu'ils entendent par là la faculté de comprendre, mais ils lui accordent la connaissance sensible. La philosophie moderne entend par intelligence la faculté générale de connaître qui embrasse les opérations sensitives et les opérations propremont intellectuelles. Il y a là, on le voit, une équivoque qu'il importait de dissiper.

(*) Leibniz, Op. citât.. Préface, p. 16, 17.

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et de la liberté. L'animal n'est pas une personne ; il ne peut donc avoir V immortalité personnelle. Mais i'aut-il lui accorder V immortalité de la substance ? Il semble qu'il faille répondre négativement avec Bossu et (^). En effet, être c'est agir. Or l'âme de l'animal séparée de son corps ne peut plus "agir, puisque toutes ses opérations, étant sensitives, sont conditionnées par l'organisme. La persistance de l'âme des bêtes n'a donc pas de raison d'être après sa séparation d'avec le corps ; comme elle est simple et ne peut se corrompre, reste donc qu'elle soit anniliilée. « Encore que l'âme des bêtes soit distincte du corps, il n'y a point d'apparence qu'elle puisse être conservée séparément, parce qu'elle n'a point d'opération qui ne soit totalement absorbée par le corps et par la matière » C^). Ceci rappelé, il sera facile d'établir un parallèle entre l'homme et l'animal, en montrant les analogies qui les rapprochent et les différences qui les séparent.

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