A. — ANALOGIES
y — Sensibilité : l'animal a des sens et éprouve des sensations ; il ressent plaisir et douleur. — Étant doué de connaissance sensible, il peut éprouver certains sentiments simples, comme la joie, la tristesse, la crainte, l'amour, la haine. — Mais il n'a pas les sentiments supérieurs (amour du vrai, du beau, du bien, de l'infini), parce qu'il est privé de la raison.
II. — Intelligence : l'animal a la conscience spontanée ou sens intime, mais il est incapable de conscience réfléchie. « L'homme seul, dit Flourens, a le pouvoir de sentir qu'il sent, de connaître qu'il connaît, de penser qu'il pense ». On doit accorder à la bête toutes les opérations intellectuelles qui dépendent directement de la sensibilité et que pour cela on nomme sensitives :
1° Perception externe : elle est même, chez certains animaux, plus développée et plus parfaite que chez l'homme. Mais l'homme compense cette infériorité native en donnant à ses sens par V éducation et avec l'aide à' itistruments une portée et une puissance à laquelle l'animal n'atteint pas.
(M BossuET, De la connaissance..., cli. v, S 13.
(^) Maine de Biran, Œuvres inédites, t. III. — Flourens, L'instinct et l'intelligence. — Romanes, L'intelligence des animaux. — Richet, L'homme et l'animal. — J. de Bonniot, La bête comparée à l'homme. — Joly, L'homme et l'animal. — M. Maher, Psychology, BooK II, Supplcmentary Chapter, Animal Psychology. — H. Fabre, Souvenirs entomologiques, Nouveaux souvenirs eniomologiqucs. — K. Groos, Les jeux des animaux.
494 l'homme et l'ammal : différences (250)
20 Mémoire sensible et imagination reproductrice : l'animal se rappelle ses états antérieurs, mais il est incapable de les localiser, car la localisation précise suppose la réflexion et le jugement (107).
3° Association et imagination conibinatrice spontanée : il combine spontanément les images qui reparaissent au hasard des circonstances. De ces combinaisons fortuites naissent des associations qui imitent nos jugements et nos raisonnements et que Leibniz nomme de simples a consécutions ».
N'étant pas raisonnable, l'animal n'est pas susceptible d'' éducation, car elle suppose un sujet capable d'appliquer des principes universels à des cas particuliers. Mais on peut le dresser en associant dans son imagination une sensation agréable ou douloureuse à certains actes et ainsi on lui fait prendre certaines habitudes : vg. chien de chasse ; chien savant.
III. — Activité : l'animal a la spontanéité ; il a l'instinct ; il peut contracter des habitudes.